ACTE III, SCÈNE I I
Ecoute-moi, Angélique... Une femme aussi intelligente que toi n'a pas manqué de réfléchir aux conséquences de ses actes?
ANGÉLIQUE
En effet.
LEBRUN
La maladie de Jacques te laissait libre d'agir à ta guise. Mais tu sens bien que c'est fini de ce jeu? Jacques, à présent, est guéri. Il peut marcher. Il va sortir, aller chez lui, s'informer.
ANGÉLIQUE
A moins qu'il ne parte aujourd'hui pour la campagne, avec nous, et qu'il ne passe les vacances de Pâques chez nous, à la Chevrière.
LEBRUN
Mais, ma pauvre amie, il n'en a nullement l'intention. Nous avons causé en tête à tête, ce matin même... Avec moi, il est plus libre qu'avec toi, naturellement, pour parler de sa vie privée... Jacques est extrêmement impatient de rentrer
chez lui. Le silence de M""" de Maucombe et de Gourd l'inquiète, — bien que je lui aie certifié (et Ranson a bien voulu dire comme moi) qu'on avait refusé à tout le monde, sans exception, l'entrée de notre maison pendant sa maladie... Ne compte pas emmener Jacques avec toi à la Chevrière. Son plus ardent désir est de nous quitter, de retourner quai d'Orléans, d'y reprendre sa vie.
Actuellement, oui. Peut-être changera-t-il d'avis d'ici à ce soir.
(Elle repasse à gauche.)
LEBRUN, se levant.
Même s'il en changeait, ce qui me paraît improbable, même s'il partait avec nous, qu'y gagnerais-tu?
ANGÉLIQUE
A la campagne, au milieu de nous, il sera encore mieux défendu qu'à Paris contre les mauvaises influences.
LEBRUN
Et après?
Après, quoi?