‹ La plus faible; comédie en quatre actes, en proseChapitre 75 sur 112 · ACTE III, SCÈNE IV If · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV If

j'ai pensé tout d'un coup que vous alliez nous quitter, à peine guéri, et que ce ne serait pas moi qui déballerais cette valise que je faisais... Alors je me suis mise en colère et j'ai tout pilé, pilé, comme ça...

(Elle rejette avec brusquerie les objets dans la valise.)

Épargne mes cravates.

Si c'avait été pour vous emmener avec nous à la campagne, j'aurais rangé vos affaires avec tant de plaisir. Oh! Je m'y entends aussi bien que votre valet de chambre.

JACQUES

Je ne doute pas que tu ne sois une ménagère hors ligne... En tout cas, tu es une gardemalade incomparable.

PAULINE Vrai? Je vous ai bien soigné? (Signe de Jacques.)

J'étais si contente! (Plus triste.) Et voilà que vous

êtes guéri! (Un silence. Elle regarde le chiffre d'un mouchoir.

l<;6 LA PLUS FAIBLE

Elle parle d'un autre ton.) VouS aVCZ de joHs mOU-

choirs. Qui est-ce qui a brodé ce chiffre-là?

JACQUES

Mon chemisier.

PAULINE

Je ne crois pas... C'est un chiffre inventé par quelqu'un, ça... C'est très bien fait. J'en ferais autant tout de même... Si vous voulez, j'essaierai.

JACQUES

Si tu veux.

(Elle range les mouchoirs, puis les cravates.) PAULINE

C'est VOUS qui choisissez vos cravates, mon oncle ?

JACQUES

Bien sûr. Pourquoi me demandes-tu ça ?

PAULINE, examinant une cravate.

Parce que papa ne saurait jamais, lui... Et puis voilà encore des cravates qui ne sont pas fabriquées par un chemisier.

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