ACTE III, SCÈNE IV l
quoi vous pensez... Vous avez si souvent l'air triste. A présent, par exemple.
JACQUES
Quand tu seras grande, tu apprendras qu'il y a des moments où la vie est mélancolique... où l'on a la vague sensation d'être délaissé par les gens en qui l'on mettait sa confiance. Mais tu ne peux pas me comprendre.
PAULINE
Je vous comprends très bien, au contraire. Seulement...
JACQUES
Seulement quoi?
PAULINE
C'est comme pour votre appareil. Si les gens que vous aimiez vous abandonnent, moi, je suis contente. (Ardemment.) Et je m'en vais prier pour que vous soyez abandonné par tout le monde, pour que vous n'ayez plus personne, plus que moi, qui ne vous abandonnerai jamais.
JACQUES
Petit cœur jaloux! N'importe! — Tu es charmante... Viens m'embrasser.
PAULINE
Oh! oui!
(Elle l'embrasse. Rentre Angélique.)