‹ La plus faible; comédie en quatre actes, en proseChapitre 86 sur 112 · ACTE m, SCÈNE VIII I · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE VIII I

ANGÉLIQUE

A quoi bon te faire du chagrin?

JACQUES

Il n'est plus temps de m'épargner... Je veux savoir ce qu'on t'a dit.

ANGÉLIQUE

Oh! je n'ai cherché aucune confidence, je t'assure... Ce n'était pas mon rôle... et mon caractère ne m'y porte pas. Mais d'abord Espilly m'a donné son opinion sans que je la lui demande. Puis ton domestique, ces jours-ci, à travers des silences et des réticences, m'a laissé entrevoir certains faits...

JACQUES

Quels faits?

Puisque tu veux la vérité, il paraît que, même avant ton duel, ta maîtresse et ton ami s'entendaient très bien.

JACQUES

Ils étaient bons camarades, rien de plus.

Gourd est un honnête garçon. Et puis... Gourd séducteur!... Gourd capable de me prendre Germaine... Non! c'est trop bouflfon... Ce n'est pas vrai! Je te dis que ce n'est pas vrai.

ANGÉLIQUE

Mettons que ce n'est pas vrai. Retourne chez toi; rappelle M"^^ de Maucombe et Gourd, qui arriveront ensemble. Recommence la vie à trois.

(Geste d'impatience de Jacques, puis silence, durant lequel il fait quelques pas. Il revient ensuite se placer devant Angélique.)

JACQUES

Angélique... Tu es prévenue contre M"''' de Maucombe par tous les préjugés que les femmes dont la vie a été facile et régulière nourrissent contre celles que la destinée a forcées de sortir des chemins battus... Moi, jusqu'à preuve du contraire, j'ai foi en Germaine. Laissons cet absurde racontar d'une fuite de Germaine chez Gourd. J'ai besoin, d'abord, d'être éclairé par toi sur un point obscur, (il s'assied.) Germaine, pendant que j'étais malade, s'est-elle présentée ici?

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