GOURD, JACQ^UES
GOURD, vivement.
Enfin, on me laisse te voir!... Comment vastu?
JACQUES, froid.
Mieux, merci.
GOURD
Il n'y a plus de danger, tu ne souffres plus?
JACQUES
Non... je suis guéri, merci.
GOURD, se rapprochant.
Alors? Quoi?...
JACQUES
Rien. Assieds-toi!
GOURD
Tu as une façon de me recevoir... Est-ce donc d'accord avec toi que ta famille nous a traités, Germaine et moi, comme elle l'a fait?
JACQUES, lui faisant signe d'attendre.
Tout à l'heure nous éclaircirons ce que ma famille a fait contre Germaine et toi, comme tu dis... Elle l'a fait sans mon aveu, cela va de soi.
Ah! je savais bien.
JACQUES
Mais, avant tout, une explication. C'est toi qui as écrit ceci?
(Il tend le billet.)
GOURD Donne! (H prend et lit le billet... son attitude est un instant
embarrassée.) Oui, c'est moi... Il cst idiot, ce billet, d'ailleurs... Je ne pense pas que tu l'interprètes de travers?
JACQUES, froid.
Rends-le moi. (H le prend.) Je n'interprète rien. Je te demande le sens d'une lettre adressée à Germaine, et dont la forme, d'abord, m'étonne... outre que je ne devine pas à quoi elle fait allusion.
GOURD
Oh ! la forme ! Ce n'est pas du Mérimée, parbleu. Je n'ai pas écrit ça pour la postérité. Je dis les choses comme elles me viennent, tu le sais bien. C'est ta sœur, je parie, qui a volé ce sacré papier chez toi?
JACQUES
Peu importe! Ne dévions pas et, je t'en prie, ne plaisantons pas si tôt. Donc, tu correspondais avec Germaine à mon insu... car elle m'a montré beaucoup de lettres de toi, et pas celleci. Comment celle-ci lui est-elle parvenue? (Examinant l'enveloppe.) Pas par la poste, à coup sûr.
GOURD, penaud.
Je l'avais remise à ton concierge, qui l'a rc-