ACTE III, SCÈNE X 1 ÇÇ
GOURD Nom de... (il cogne une chaise contre le plancher.) Xu
t'expliqueras, à ton tour, tu diras le fond de ta pensée. (Très ferme.) Pas de formules, pas de restrictions. M'accuses-tu ou accuses-tu Germaine?
JACQUES
Je t'accuse et j'accuse Germaine d'imprudences si graves qu'elles valent une justification que je consentirais à admettre si elle était claire et complète, mais dont je constate que tu t'abstiens.
GOURD
Vraiment? Il faut que je me justifie? Il faut que Germaine se justifie? Tu es bien indulgent. Je ne sais pas si Germaine tiendra à te prouver qu'elle n'est pas une gredine; mais, si tu comptes sur moi pour te prouver que je ne suis pas un Judas, garde tes soupçons, mon ami.
JACQUES
Écoute-moi...
Je ne veux pas t'écouter. J'en ai assez à la fin.
Oui, Germaine habite chez moi. Depuis ton duel, elle y a vécu, et moi aussi, jour et nuit. Oui, je lui ai écrit un billet qu'elle ne pouvait pas te montrer et dont je ne peux pas t'expliquer le sens. Oui, j'aime Germaine. Et si pourtant tu n'as pas confiance d'abord en elle, absolument, résolument, et ensuite en moi, c'est que tu es un malheureux ingrat, qui ne sait rien comprendre au dévouement des autres... à moins que tu ne sois un triste égoïste cherchant un prétexte pour se délivrer d'un devoir qui lui pèse.
JACQUES, menaçant.
Je ne te permets pas...
GOURD
Tiens-toi donc tranquille... Si tu n'étais pas encore à demi impotent, c'est moi qui ne t'aurais pas laissé parler de Germaine comme tu l'as fait.
JACQUES
Tu vas la défendre contre moi, à présent?