‹ La Pneumonie disséquanteChapitre 2 sur 11 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Au mois de juin 1919 entrait à l'hôpital Boucicaut, dans le service de M. le professeur Bezançon, un homme de quarante-sept ans chez lequel évolua une pneumonie d’allure anormale. L'examen clinique et la radioscopie démontrèrent la possibilité d’une pneumonie disséquante, diagnostic que l’autopsie confirma. ce

Malade depuis quatre jours, cet homme présentait, au moment de son entrée, un syndrome d’allure paeumonique dont les signes physiques, très atté:

nués, ne se révélérent que plus tard et dont les symp-

tômes fonctionnels et généraux, voisins de ceux de la pneumonie, en différaient néanmoins par quelques points (abondance et caractères hémorragiques de l’expectoration, qui prit bientôt les allures d’une véritable vomique ; poussées thermiques alternant avec des rémissions). L'examen radioscopique et la radiographie permirent à ce moment de conclure à une destruction du parenchyme pulmonaire. Les symptômes fonctionnels et généraux s’aggravèrent, tandis qu'aux signes de condensation pulmonaire

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firent suite des signes d’excavation : le malade mou: rut.un mois et demi.après le début de la maladie.

L'examen bactériologique de l’exsudat pulmonaire héinorragique, retiré par la ponction, permit de déceler la présence d’un bacille qui, tant par ses caractères morphologiques que par le résultat de ses cultures, put être identifié avec le pneumobacille de Friedlaender. |

L’autopsie montra des lésions du poumon analogues à celles qui furent décrites sous le nom de pneumonie disséquante. Le

Etant donné Pintérêt qui s'attache à la connaissance de ‘celte affection assez rare, notre Maitre, nous a proposé d'en faire le sujet de la présente Thèse. ie do. Ê

Nous verrons si l'observation que nous: venons de mentionner peut réntrer dans le cadre de la pneumonie disséquante, telle qu’elle a été décrite.

De l’ensemble des observations faites sur cette maladie, on peut dégager deux types anatomo-cliniques opposables l’un à l'autre : l’un, la péribronchite disséquante d'Hutinel et Proust est caractérisée cliniquement par un syndrome pneumonique d’allure grave dès le début, qui aboutit te plus souvent à la mort, et dans lequel se sont manifestés des signes physiques cavitairés. L'autopsié montre la présence d’excavations contenant un pus dans lequel nagent des fragments de tissu pulmônaire, tandis que des débris de pédicules bronchiques, disséqués de leur tissu adjacent, flottent dans ce pus. Cette .

- affection à son point de départ dans le tissu inters= titiel- du poumon et dans la profondeur: de cet TT a.

* L'autre forme, :prewmonie disséquante superficielle ou phlegmon diffus sous-pléaral. d'Hay em et Graux, dont les signes cliniques sont masqués le plus souvent par ceux d’une pleurésie purulente secondaire, a son point de départ dans le tissu sous-pleural, maïs ses lésions, se propageant de fa superficie vers la profondeur, présentent en définitive la même disposition que dans la forme précédente.

- Chacune de ces formés évolue en plusieurs stades et lon retrouve, dans différentes observations, des lésions plus ou moins avancées de pneumonie disséquante.

Après avoir relaté l'observation qui fait le sujet de notre thèse,nous en résumerons quelques autres, et notamment celles d'Hutinel et Proust, puis

d'Hayem et Graux, qui ont servi de base à la descrip-

-tion des deux formes de pneumonie disséquante.

En dehors de ces deux observations, nous avons relevé celles qui montrent les différents stades anatomiques par où passe la lésion pour arriver au dernier stade de la pneumonie disséquante. Parmi ces observations, il en est plusieurs où la lésion est moins avancée et où l’on voit des intermédiaires entre le . début de l’affection et le stade ulcéreux terminal.

Les observations de Robert, Pitres, la description de Rilliet et Barthez se rapprochent de la première

forme : celles de Bezançon et Ravaut, de Boutry semblent plutôt rentrer dans la seconde.

Nous étudierons ensuite les deux formes sous lesquelles la pneumonie disséquante se présente, et nous verrons la place que peut occuper, dans le cadre de cette affection, l'observation que nous avons relatée. |

Nous verrons enfin quele pneumobacille de Friedlaender détermine, au niveau du poumon, des lésions anatomiques qui, sans être absolument comparables à celles de la pneumonie disséquante, peuvent, semble-t-il, en être rapprochées.

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