DEUXIÈME PARTIE
Etudes Radioscopiques
Séduit par les travaux de MM. Weill et Mouriquand sur la radioscopie des pneumonies du nourrissOn, nous nous sommes attachés à soumettre nos pneumoniques aux rayons X et nous donnerons le résultat de nos recherches à cet égard. MM. Vialet et Raoust, à l'hôpital de Mustapha, nous ont prêté le secours de leur compétence en la matière; nous les remercions très vivement.
L'application de la radioscopie aux affections pulmonaires remonte à Bouchard. Dans une série de communications qu'il fait à l’Académie des sciences, il montre tout le parti qu’on peut tirer dans le diagnostic des différentes pleurésies. Puis les travaux se multiplient tant en France qu'à l'étranger; tous tendent à perfectionner les procédés de radioscopie.
La quantité des travaux qui ont surgi (Achard, Beclère, Bertherand, Bergonié, Variot, Chicotot, etc.) est une preuve de l’inocuité absolue de ce procédé
d'investigation. :
L'idée d'étudier Ja pneumonie du nourrisson par la radioscopie revient à MM. Weill et Mouriquand de Lyon, qui, dès 1905, ont été frappés de l'image radioscopique de l’hépatisation.
A dire vrai, Lecoq, dans sa thèse parue en 1900 (de l'examen radioscopique dans la pneumonie franche chez l'enfant), nous fournit le premier travail sur cette matière. Variot et Chicotot publient, en 1900, quelques résultats intéressants et quelques années plus tard, deux auteurs allemands, Jastch et Ratki, dans un atlas entièrement consacré à l’étude de la pneumonie, atlas des Forstschritte auf dem Gebiete der Rontgenstrallen, obtiennent, de 1903 à 1905 une « ombre en forme de coin dont la base est tantôt axillaire, tantôt claviculaire et üGont le sommet est voisin de la ligne médiane. » Mais ils l'ont fait sans le remarquer, ou du moins sans y attacher d'importance.
I est donc juste d’en faire revenir l’idée aux au-: teurs lyonnais. Voici le résumé de leurs conclu- SiONS :
1° La pneumonie se Hauat toujours à l'écran:
par une ombre nette de forme triangulaire, à base toujours corticale, c’est le triangle de Weill. Il apparaît: en l’absence de tout signe stéthoscopique. Comme le dit Weill « la pneumonie, c’est le bloe d’hépatisation toujours visible à la radioscopie. »
2° Ce triangle primitif peut garder sa forme triangulaire jusqu'à fin d'évolution, mais le plus souvent il se déforme par l’adjonction d’ombres adjacentes envahissant généralement le sommet. La régression tardive de ces ombres fait réapparaître un triangle de retour.
ERRENE 3° La broncho-pneumonie ne donne jamais sur l'écran d'ombre marquée, et jamais l’image triangulaire n’est réalisée par elle.
L'étude de la pneumonie du nourrisson nous occupe d’une façon toute particulière depuis un an, et dans le service du professeur Crespin, et sous son contrôle, nous avons soumis à l'écran radioscopique tous les jeunes enfants atteints d’affections pulmonaires et quelques-uns complétement sains.
Nous reproduisons tout d’abord #4 observations qui nous sont personnelles et une observation que nous avons puisée dans la thèse de Lecoq.