‹ La Pneumonie du NourrissonChapitre 20 sur 28 · OBSERVATION VII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VII

(résumée, Weill et Mouriquand)

Griff.… Irma, 20 mois.

10#septémbre Mr am00

A ee Auscultation. — Ni souffles, ni râles.

Radioscopie. — Ombre nettement triangulaire (petit

iriangle au sommet droit).

Jamais de signes stéthoscopiques.

OBSERVATION IX (résumée)

E.. G.., 20 mois.

Radioscopie. — Obscurité diffuse du sommet droit » i5 février, aboutissant le 26 à un triangle de retour. Stéthoscopie constamment négative.

OBSERVATION \ résumée)

È LA GACRSA2 MOIS 23 février. — T,.: 40°. Pas de signes stéthoscopiques.

Radiologie, — Triangle d'hépatisation à la base droite,

Nos observations personnelles contrôlées par la

radioscopie sont au nombre de #.

Voici quelles sont nos conclusions: « dans presque tous nos cas de pneumonie nous avons vu nettement le triangle de Weill, souvent plusieurs jours avant et en l'absence de tout signe physique ou fonctionnel, traduisant l'hépatisation pulmonaire.

A la période d'état, l'ombre triangulaire n’a jamais disparu; elle nous a toujours paru agrandie et comme estompée.

Au déclin, l’image a le même aspect qu'au début.

Dans nos cas -de broncho-pneumonie, nous n'avons jamais observé d'ombre triangulaire.

Comme on le voit nos conclusions sont en accord avec celles de Weill et Mouriquand, confirmées d’ailleurs par les recherches de Barjon et de Guillaume, chez l'adulte.

Pour fixer les idées, étudions le schéma de nos données radioscopiques dans notre observation 2.

16 septembre: Auscultation, gros râles.

Radioscopie: triangle de Weill, dans :a fosse sous-épineuse droite,

18 seplembre : souffle dans la fosse sous-épineuse droite, à la fin de l'inspiration. La percussion est assez nette.

19 septembre: Percussion nette.

Auscultation : souffle inspiratoire faiblement perçu.

Radioscopie : triangle fortement es- {ompé.

22 septembre: Auscultation : souffle tubaire expi-

ratoire. | Radioscopie : le triangle est flou, le

sommet seul est net.

24 septembre : le souffle disparaît. Radioscopie : poumons clairs. |

A Ja lumière de ces faits, revenons sur le triangle de Weill : ;

1° Ce triangle est à base toujours corticale, à sommet tourné vers le hile: les observations sont toutes unanimes à cet égard. Ce fait est intéressant à rapprocher de l’envahissement du processus pneumococcique dans le rein; là aussi, comme l'ont démontré de nombreuses autopsies, la région corticale est la première atteinte.

2° Ce triangle apparaît dès les premiers jours du processus pneumonique. Weill et Mouriquand et nous-mêmes l'avons vu apparaître avant tout signe séthoscopique. Dans un fiers des cas de Weill et dans deux de nos observations, la figure triangulaire a existé en l'absence de signes nets à l’auscultation. |

3° Son ombre est intense au début (schéma lT), estompée à l'apparition du souffle mais elle est agrandie (schéma IT), très nette au déclin (schéma

III). prete!

4° Il est le plus souvent axillaire; c'est ce qui ressort des différentes statistiques. Il occupe par ordre de fréquence le sommet droit, le sommet gauche, enfin les bases. Voici à ce sujet une statistique de MM. Weill et Mouriquand dans le bulletin de la Société Médicale des hôpitaux de Lyon « séance du 3 décembre 1912. ».

Localisation du foyer d'hépatisation.

Dans 33 cas de pneumonies radioscopées, on note l'ombre : |

18 fois au sommet droit ;

6 fois au sommet gauche ;

3 fois à la base droite ;

3 fois à la base gauche ;

3 fois pas d'ombre.

La pneumonie du sommet droit est done chez le nourrisson la plus fréquente de toutes. Elle apparaît aussi Comme la plus bénigne des localisations. La même constatation a été faite dans les cas observés avant la radioscopie :

Sommet droit, 6 ; Sommet gauche, 2 ; Base droite, 1 ; Base gauche, 4 ; Pas de signe, 6.

Les chiffres que MM. Weill et Mouriquand nous fournissent démontrent, plus que toute discussion théorique, la fréquence de la pneumonie chez l’enfant.

Voici des éléments de statistique puisés dans je service des nourrissons de M, le professeur Crespin à l'hôpital de Mustapha,

Année 1910: 58 enfants entrés dans le service.

Enfants au - dessous B P. p.

UE RTE 40 1 ( Enfants de 12 mois. 5 il 0 Enfants de 1 à 2 ans 13 (0) (®) DOI Mme D8 5 Ô

Année 1911 :

Enfants au - dessous BP. P.

CDI TERMS DEAR PRE 70 4 à 4 Enfants de 12° mois. D il O Enfants de 4 à 2 ans inÿE 0 0 Tor 92 5) i|

Année 1912 :

Enfants au - dessous BP. P.

CHAUD SO HR Ne ee es 67 { (®) Enfants de 12 mois. 6 0 Q) Enfants de 4 à 2 ans. 16 2 () PO ta eee 89 5 0

Il est facile de constater par ces chiffres que la broncho-pneumonie était 2 fois plus observée que la pneumonie; en 1913 nous utilisons les rayons X.

Année 1913: {otal des enfants traités: 70.

Enfants au - dessous B P. P.

UN ANS AC DÙ ie D) Enfants de ‘12. riois.. 6 1 1 Enfants de 1 à 2 as :414 1 1

Métal 2-70) 4 5

er D0 ee

Il est intéressant à noter que dans la première année nous avons plus de pneumonies que de broncho-pneumonies. :

L'attention des auteurs à de tout temps été frappée par « l'apparition tardive des signes physiques dans la pneumonie du jeune enfant »: parfois méême la lésion évolue d’un façon tout à fait silencieuse, sans qu'aucun symptôme physique n’en révèle l'existence. |

Plusieurs théories ont tenté l'explication de ces faits. |

Potain, parlant des pneumonies du sommet chez l'adulte, en voyait la cause dans une disposition anatomique. |

« En arrière, disait-il, le sommet du poumon est protégé par l’omoplate et les masses musculaires des fosses épineuses. Cette barrière empêche de saisir les nuances par lesquelles se trouve modifié le huit respiratoire.

« Ajoutez à cela que l'amplitude de la respiration est moindre au sommet que dans les lobes inférieurs.

« Leur diagnostic demande done une grande attention et exige des recherches minutieuses et portées très loin. » (Potain, leçon clinique, dans Journal de Médecine interne, 1899).

D'autres auteurs ont parlé de pneumonies centrales. Le début serait central et les signes stéthoscopiques ne seraient perçus que dans les cas où l’hépatisation atteindrait la périphérie pulmonaire, en d’autres termes, la corticalité.

Lépine s’est déjà élevé contre cette conception et, dans un article « la pneumonie centrale est-elle

une réalité ? », il s'inscrit en faux contre une explication aussi simpliste.

Pour nous, voici linterprétation que nous proposons,

| Schéma 1 et 3

Au début du processus, le triangle à base cortfcale n'occupe. qu'une partie du lobe « schéma I »:; l'hépalisation se {raduira eliniquement par une zone de matité et parfois par quelques râles, suivant l'étendue de Fhépatisation.

Il est classique aujourd'hui d'admettre li participation de la plèvre au processus inflammatoire. Cette pleurite du début nous explique le «point de côté. Mirande a démontré que le point de côté appendieulaire n’était dû qu’au transport de la douleur par les intercostaux.

À Ja période d'état « schéma Il », lombre oecupe tout le Jlobe depuis la corticalité jusqu’au hile. Le souffle se manifestera à ce moment. Les expériences de Chauveau ont en effet montré que le souffle est dû au bruit glottique normal qui se transmet jusqu'à l'oreille, à travers le poumon hépatisé, au Xieu d'être atténué par Je parenchyme normal rempli d'air. |

Schéma 2?

(D’après Weill et Mouriquand)

La radioscopie nous montre la justesse de cette conception.

Au dédin « schéma. IT », l'image est identique à celle de la période du début « schéma I ». Nous l'avons vue persister longtemps une semaine et plus; nous avons là une preuve manifeste de la

persistance de la matité, longtemps après la guérison.

En résumé, la radiscopie nous autorise à émettre plusieurs conclusions :

1° Elle confirme lés diagnostics que la clinique el les procédés de laboratoire établissent nettement (observations IT, TITI et V).

2° Eïle donne un diagnostic de quasi certitude dans les cas où la clinique ne saurait suffire.

3° Elle nous permet de conclure au diagnostic de pneumonie sans aucun autre élément de diagnostic, où tout au moins avec des éléments tout à fait insuffisants (la fièvre et la toux par exemple).

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