INTRODUCTION
Aperçu historique. - Plan général du sujet
Il nous a été donné, au cours de ces dernières années, d'assister à l'évolution des conceptions que nous nous faisions, touchant les maladies infectieuses.
A la lumière des données fournies par les procédés modernes d'investigation, à la conception ancienne des infections locales s'est substituée celle plus féconde de maladies générales.
C’est ainsi qu’il y a peu d'années encore la pneumonie était considérée comme une maladie purement locale; aujourd'hui elle apparaît comme la détermination sur le poumon d’une infection sanguine préalable. Cette idée tend à devenir classique; MM. Landouzy et Griffon nous semblent l'avoir nettement indiquée dans un article qu’ils ont fait paraître sur la pneumonie, dans le nouveau Traité de Médecine de MM. Gilbert et Thoinot :
« Les moyens de défense naturelle de l'organisme, les revêtements épithéliaux, Ia phagocytose suffisent, en temps de paix, à la police des cavités aériennes qui, normalement, se trouvent dépourvues de tout mi-
croorganisme, Vienne un élément perturbateur dans la qualité et la quantité des movens de défense, et l’équilibre sera rompu; le pneumocoque émigrera des voies aériennes supérieures, dont il est l’hôte habituel, descendra dans le parenchyme pulmonaire, et prenant possession de la place, trouvant des conditions favorables au développement, le diplocoque allumera le foyer d'hépatisation pneumonique. Telle est la conception pathogénique classique. Tout récemment, Lemierre, Abrami, et Joltrain en ont proposé une toute différente. Pour ces auteurs, l'infection du poumon, loin de se faire par la voie descendante trachéo-bronchique, résulterait d'un apport par la voie sanguine. La pneumonie franche, aiguë, analogue en cela à d'autres pathies pulmonaires, typhcïdique, pesteuse, gangréneuse, etc., ne serait que la détermination sur le poumon d’une infection sanguine préalable. La pneumopathie apparaîtrait ainsi, de toutes pièces, fonction de la septicémie diplococcique, la pneumonie sortant définitivement du cadre des affec-. tions locales pour rentrer dans celui des maladies générales.
« Pour séduisante que paraisse la conception précédente, elle n’en resterait pas moins hypothétique, si des faits, dont certains ont la valeur d’une expérience, ne lui apportaient un réel appoint. La pratique systématique de l’hémoculture montre souvent chez le pneumonique le pneumocoque en cireulation dans le sang.…: d'autre part, la clinique humaine nous permet de voir réaliser des pneumonies lobaires à pneumocoque, qui, bien qu’évidemment d’origine sanguine, ne diffèrent en rien des pneumonies supposées d’origine âérienne. C’est ainsi, qu’au cours