DIAGNOSTIC
La cause, la localisation, la symptomatologie bien établie, l'absence de réaction générale font de la Podopathie une entité morbide bien définie. Cependant, dans certains cas, il est nécessaire de différencier la maladie. d'avec des affections similaires, savoir : dans la 1° période : œdèmes de cause générale, entorse, rhumatisme, goutte ; dans la ?e période : phlébite, maladie de Raynaud, de Morvan, lèpre, phlegmon, syringomyélie; dans la 3° période: gangrène seule, mal perforant, pemphigus contagiosus. Les formes légères peuvent être confondues avec les tarsalgies, les engelures, les varices. Enfin, les simulateurs doivent être décelés quand il s’agit de médecine militaire, surtout en temps de guerre.
A. — Première période.
1° Œdème de cause générale. — Onne saurait attribuer à une cause générale la formation d’un œdème aussi nettement localisé, on constatera d’ailleurs l’absence de cardiopathie ou de mal de Bright.
29 Entorse. — Dans l’entorse, le gonflement est unilatéral ; il n’existe aucun trouble trophique des orteils, la chaleur atténue la souffrance au lieu de l’augmenter ou de la provoquer.
3o Rhumatisme. — Si parfois on hésite à cataloguer Podopathie des Tranchées ou rhumatisme subaigu un
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syndrome à symptômes locaux accentués, à réactions générales estompées où il y a gonflement des articulations terminales des membres inférieurs avec chaleur, rougeur, dilatation veineuse, hyperesthésie, on se basera pour affirmer la diathèse rhumatismale surlesantécédents, l'absence de noctalgies, d’onglée et la coloration moins rouge de la peau.
4° Goutte. — Dans les cas où le gros orteil seul est visiblement atteint, chez un sujet arthritique, on peut penser à la goutte avec attaque brusque, noctürne, œdème, démangeaisons, mais la coloration pelure d’oignon plutôt que rougeet lessignesavant-coureurs : douleursnerveuses,
céphalée, localisation à un pied (gauche surtout) feront reconnaître immédiatement la dystrophie goutteuse.
B. — Deuxième période.
19 Phlébite. — La période d’asphyxie peut se confondre avec la phlébite à la période préoblitérante, maïs dans ce dernier cas, l’œdème est blanc, la fièvre existe.
20 Maladie de Raynaud. — La Maladie de Raynaud, simule à s’y méprendre le mal des tranchées. En effet, à une période d’asphyxie locale et d’onglée fait suite une phase de gangrène avec phlyctènes et eschares. Il faudra remarquer, pour établir le diagnostic, que l’asphyxie locale des extrémités est consécutive au diabète, à l’ergotisme, à l’alcoolisme ou à la tuberculose ; elle est concomitante avec de l’artérite généralisée.
30 Maladie de Morvan. — Si les troubles trophiques rappellent ceux de la Maladie de Morvan, l’absence de signes subjectifs différencie le Panaris analgésique de la Podopathie.
40 Lèpre. — Dans la lèpre à tache isolée siégeant aux extrémités, les macules vont du gris au rouge foncé, le facies lépreux caractérisé par le gonflement des muqueuses existe presque toujours ; cette maladie est rare dans nos pays, et en cas de doute, l'examen bactériologique et le séro-diagnostic-établiraient qu’il ne s’agit pas de notre affection hivernale.
9° Syringomyélie. — La forme trophique de la syringomyélie sera caractérisée par la dissociation de la sensi-
bilité, c’est-à-dire par la conservationdes sensations tactiles
et l'abolition des sensations thermiques ou douloureuses.