C. — Compression
. La compression joue un rôle plus important; quelques soldats portent des bandes serrées un peu trop fortement qui compriment la jambe et gênent la circulation, les bandes droites en particulier à cause des renversés nécessaires sont moins recommandables que les bandes ceintrées ; mais beaucoup des accidentés n'avaient pas de bandes ; la compression se faisait par les souliers rétractés par l'humidité, renfermant de la boue humide et bien lacés pour fermer au maximum et empêcher la pénétration de l’eau. Ces souliers trop serrés entravent la circulation veineuse ; il se produisait une stase sanguine cause du gonflement accentuant lui-même la gêne cireulatoire, Si cette compression dure longtemps, les accidents sont plus importants et plus graves et les soldats qui n’ont point été malades sont ceux qui pour une raison quelconque se sont déchaussés et ont permis à la circulation dese rétablir momentanément. L’asymétrie des lésions est ainsi expliquée par l’enserrement différent des deux membres.
D. — Orthostatisme.
La station debout et immobile surtout entrave également la circulation ; on sait qu’elle prédispose aux
EL varices, que certains ædèmes s’accentuent par la station debout pour régresser et disparaitre par le repos horizontal. Nous citerons le cas de nombreux hommes du dépôt du 155€ lors d’un voyage en wagons aménagés, voyage ayant duré quatre jours... Ces hommes à l’arrivée pré. sentaient un œdème des pieds et des jambes, œdème rouge, douloureux, disparaissant après deux jours de repos au lit — Cette immobilité favorise également l’action vaso-constrictive du froid.
E. — Inflammation.
Enfin la boue des tranchées est loin d’être aseptique, elle est pour le moins irritante et agit sur une peau en état de moindre résistance, mal nourrie et privée par la macération de son intangibilité; il n’y a donc rien d’étonnant à ce que la réaction inflammatoire se produise intensivement et à ce que la nécrobiose devienne une grangrène combattue facilement d’ailleurs par les moindres antiseptiques.
Résumé.
Donc, la macération favorisée par un ralentissement circulatoire dû à la compression, à l’immobilité, à la station debout, à la réfrigération et accompagnée de. l’inflammation due à l'infection par la boue est la cause primordiale des accidents énumérés.
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