‹ La poésie bretonne au XIXe siècleChapitre 13 sur 31 · POÉSIE DRAMATIQUE · texte numérisé non relu

POÉSIE DRAMATIQUE

Les vieux poètes dramatiques, dont les œuvres sont encore quelquefois représentées, mais bien rarement, n'ont pas trouvé jusqu'ici de successeurs. Gela est d'autant plus regrettable qu'il n'y a pas plus de vingt ans, nous dit M. Luzel, dans la très intéressante préface qu'il a mise en tête de ses Contes populaires de la Basse-Bretagne, « Morlaix possédait un « théâtre breton, et, deux fois la semaine, on « y jouait dans la langue du pays les Quatre (( fils A y mon, Huon de Bordeaux, Or son et « Valentin, Sainte Triphine, Sainte Geneviève « de Brabant, le Purgatoire de saint Patrice « et plusieurs autres pièces d'un répertoire « populaire fort apprécié dans le pays, h

Jusqu'à ces dernières années, la presqu'île guérandaise était la seule partie de la Haute- Bretagne où la langue celtique fût en usage ; mais, depuis quelque temps, une émigration considérable, causée par la misère, a entraîné vers les grandes villes de Nantes, de Rennes et de Saint-Nazaire des paysans et des ouvriers du Finistère, des Gôtes-du-Nord et du Morbihan. On évalue à près de dix mille les Bas-Bretons émigrés à Nantes. Aussi des membres du clergé y ont été obligés d'étudier leurs dialectes ; dans quelques chapelles on prêche, à certains jours, en breton, et, aux époques d'élections, les murs de plusieurs quartiers se couvrent d'affiches en cette langue.

A Rennes, une chaire de celtique a été créée à la Faculté des Lettres, et ainsi s'est réalisé le désir si souvent manifesté par J.-M. Le Huërou. Elle est très brillamment occupée par M. J. Loth. Peut-être verrons-nous bientôt éclore dans la Haute-Bretagne une nouvelle littérature celtique. Il suffirait qu'un poète de génie naquît parmi ces Bas-Bretons émigrés, et cela n'est pas impossible. U Esprit souffle où il veut.

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