‹ La poésie de Jean AicardChapitre 13 sur 112 · LES VIEUX VAISSEAUX · texte numérisé non relu

LES VIEUX VAISSEAUX

Je regrette les vieux vaisseaux dont la voilure, Large et lourde, pendait du faîte au pied des mâts, Et leurs pesants rouleaux de toile dont l'amas Faisait fléchir l'antenne à l'immense envergure

La marche du meilleur navire était peu sûre : On dépendait du temps, des saisons, des climats; Or^ restrait immobile aux' jours des calmes plats Et parfois on errait longtemps à l'aventure.

Mais ils étaient si fiers les fins voiliers, si beaux, Quand leurs voiles claquaient comme de grands drapeaux, Puis s'enflaient tout d'un coup, souveraines et rondes!

L'ombre autour d'eux tombait en longs plis sur les eaux, Et les voiles semblaient dans leurs courbes profondes Porter en soupirant l'espoir de nouveaux mondes!

POÈMES de

Page 1