‹ La poésie de Jean AicardChapitre 96 sur 112 · L'INFINI MIRACLE · texte numérisé non relu

L'INFINI MIRACLE

Ses sœurs le cherchaient, et Marie, Toujours craintive d'un danger, Toujours prête à la gronderie, Disait: « A-t-il de quoi manger? »

Le peuple autour de lui fourmille, Implorant les mots guérisseurs.

On lui dit : « Voici ta famille ; Ta mère approche avec tes sœurs. )>

— (( Mes frères, mes sœurs et ma mère, Dit-il au peuple, c'est vous tous; La vie est une plante amère.

Mais le miel de ma ruche est doux.

(( Je suis la tendresse promise; Sur vos maux je viens me pencher; Et je suis plus grand que Moïse Qui fit jaillir l'eau du rocher:

« C'est la dureté des cœurs même Que je frappe, et l'amour en sort; Le ciel est en nous lorsqu'on aime...

L'amour est plus fort que la mort.

(( Possédés d'orgueil et de haine, Je chasse de vous ces démons.

J'apporte la tendresse humaine:

Nous avons Dieu quand nous aimons.

(( Buvez à ma source d'eau vive, Car je sauve celui qui croit.

Votre esprit boite? qu'il me suive Il saura marcher vite et droit.

« Votre cœur est sourd? qu'il m'entende! Muet? qu'il parle. Renaissez!

Frappez, ma porte s'ouvre grande; Reposez sur moi, cœurs lassés!

« Levez-vous, ô paralytiques, Marchez, emportez votre lit! »

...Et dans la joie et les cantiques Le monde infirme tressaillit!

— (( Un aveuglement les égare, Ils t'ont mis sous terre vivant...

Lazare, Lazare, Lazare, Lève-toi, marche mieux qu'avant! »

JÉSUS oU9

Et l'esprit humain se redresse Et quitte, plus fort et plus beau, Au grand appel de la tendresse, Les bandelettes du tombeau.

O temps d'allégresse première Où l'aveugle des grands chemins Se voyait rempli de lumière Quand Jésus élevait les mains !

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