‹ La poésie de Jean AicardChapitre 97 sur 112 · TAXE · texte numérisé non relu

TAXE

Or comme il cheminait en suivant son beau songe, Sous un frêle olivier, tout au bord du chemin, Un vieil âne pelé qui tirait sur sa longe. Avançant les naseaux, vint effleurer sa main.

Et Jésus s'arrêta, songeant à cette crèche Où l'âne avec le bœuf l'accueillirent enfant, Oîj tous deux, à genoux dans de la paille fraîche, Sur ses petits bras nus soufflaient, le réchauffant!

Longtemps il regarda cette humble et lourde tête, Ces poils longs et rugueux, ces deux gros yeux surpris ; Puis sa main caressa, sur les flancs de la bête, La trace du bâton qui les avait meurtris.

Vers l'âne enfin Jésus pencha sa face auguste... Et le pauvre animal, se mettant à trembler, Soufflait, tout haletant, sur les lèvres du Juste, Ce grand soupir des cœurs qui ne peuvent parler.

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