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TRIOS DE BEETHOVEN POUR PIANO, VIOLON ET BASSE

* N° 1 (œuvre 1, dédié au prince Lichnowski; 1795). — Allegro vivace. 4 temps. En mi b. Caractère noble et distingué.

Adagio cantabile. 3/4. En la b. Touchant, religieux.

Scherzo allegro assai. 3/4. En mu b. Vivacité, grâce. Trio en la h d’une suave harmonie et d’un accent affectueux, faisant contraste avec la

un crescendo qui monte progressivement et redescend diminuendo sans avoir abouti au forte, comme dans la forêt le vent s'élève d'abord à peine, puis fait courber les branches et disparaît insensiblement sans arrêt ni secousses. (E. Sauzay, École de l'accompagnement.)

légèreté du Scherzo. C’est un moment d’'extase ou de calme au milieu du délire.

Finale presto. 2/4. En mr b. Vif, léger, gracieux et animé, avec phrases touchantes et suppliantes dans la reprise. Exprimerait, par exemple, les jeux d’un groupe de nymphes dont on entend l'appel et qui emploient tout leur art pour séduire et charmer.

N°2 (même œuvre). — Adagio 3/4, en sol, servant de préambule à un Allegro vivace 2/4.

Grâce, tendresse. Conversation douce et affectueuse d’une mère avec son enfant.

Largo con espressione. 6/8. En mr. Accent de tendresse.

Menuetto allegro. 3/4. En sol. Accent gracieux.

Finale presto. 2/4. En sol. Accent gai et animé.

N° 3 (même œuvre). — A/legro con brio. 3/4. En ut mineur. Dramatique, sombre, triste et plaintif.

Andante cantabile con variazioni. 2/4. En mb. Mélancolie affectueuse.

Menuetto. 3/4. En ut mineur. Sombre. Le trio en ut majeur exprime une idée riante qui contraste avec le caractère général du menuet,.

Finale prestissimo. À temps. En ut mineur. Dramatique, agité, triste et plaintif. Peinture d’une âme en proie au désespoir et qu'une voix douce et affectueuse cherche à consoler.

* N°4(œuvre 11, dédié à M®° la comtesse de Thunn ; 1799 ; écrit pour prano, clarinette ou violon et vio loncelle.) — Allegro con brio. 4 temps. En st p. Affectueux. Dans la reprise, phrase en si h mineur d’un accent triste et suppliant.

Adagio. 3/4. En mi ». Accent religieux.

Allegretto con variazioni. 4 temps. En si b. Simple et gracieux. 3° variation : énergie opposée à la gràce. 4° variation en si b mineur : accent plaintif, À la fin, le même motif est répété dans un mouvement Allegro 6/3, d'un accent gai et gracieux. ;

* N°5 (œuvre 38, dédié à M. J. Adam Schmidt). — Septuor arrangé. (Voir plus haut le n° 3 des quintettes, page 308.)

*NoG (œuvre 70, dédié à M®° la comtesse Marie d'Erdôdy, née comtesse Niszky; 1809). — A /legro vivace e con brio. 3/4. En ré. Agité, dramatique. Peinture d’un cœur en proie à l’inquiétude et aux alarmes.

Largo assai e espressivo. 2/4. En ré mineur. Idée sombre comme celle qui peut se rapporter à un songe ou à une apparition. Scène dramatique.

Tableau d’un condamné enfermé dans un cachot obscur. L'auteur nous fait assister à ses tourments, à ses tortures, et nous rend témoins de

ses plaintes et de son désespoir. Un crescendo, répété à plusieurs reprises ets’interrompant tout à coup pour revenir à un pianissimo, produit le plus grand effet. Il semble que le malheureux rêve de sa liberté et qu'un rayon d'espérance traverse son âme pour s'évanouir aussitôt. On reconnait l'accent du désespoir dans les fortissime qui contrastent avec la douceur des phrases qui les précèdent, ainsi qu'un accent d’effroi dans le #remolo qui termine le morceau.

Presto. 4 temps. En ré. Accent affectueux et passionné. Opposition aux idées précédentes. Rêve de bonheur.

* No7 {même œuvre). — Poco sostenuto, 4 temps,en mib, d'un caractère mélancolique, conduisant à un A/legro ma non troppo 6/8, mème ton, d'un accent affectueux et triste,comme celui que l’on ferait entendre en voyant un ami prêt à s'éloigner. |

Allegretto. 2/4. En ut, avee modulation en uw mineur. Accent simple, champêtre, triste et affectueux, C'est le départ du soldat quittant la chaumière et recevant de tous les siens des témoignages de la plus vive tendresse. Les dernières mesures, où l’on remarque plusieurs ritardendo, peuvent être considérées comme l'expression de ses adieux,

Allegretto ma non troppo. 3/4. En la p. Mélange de tendresse et de mélancolie. Des appels en doubles cordes du violon accompagné de la basse, et auxquels répond le piano, viennent momenta nément suspendre cette douce rêverie, qui rend bien les sentiments que peut faire éprouver.

l'absence. Un effet d’éloignement est admürablement rendu par un decrescendo de plus en plus accusé, en même temps qu’une modulation en mi majeur, interrompue par la septième diminuée du ton d’uf, ramène l'accord de quinte du ton principal et la rentrée dans le motif. C’est un véritable chef-d'œuvre d’exquise sensibilité.

Finale allegro. 2/4. En mib. Accent brillant, animé. Expression de joie affectueuse. C’est le retour salué par des vivats et des réjouissances. On entend même le son des cloches exprimé par la répétition des mêmes notes dans plusieurs mesures consécutives : d’une part, à la fin de la 1° reprise dans le ton de so/, et, d'autre part, vers les 2/3 de la seconde reprise dans le ton d’ut. Le jeune soldat raconte toutes les péripéties des combats auxquels il a pris part... Tout ce trio est plein de poésie.

* N°8 (œuvre 97, dédié à l'archiduc Rodolphe). — Aülegro moderato.4 temps. En st p. Dramatique. Expression du bonheur que l’on éprouve quand

on revoit Ceux qu’on aime après une longue absence. C’est la même impression que doit ressentir un prisonnier recouvrant sa liberté. Accent d'enthousiasme. Au milieu de ce morceau, quelques lignes en Péizzicato du violon et de la basse semblent rappeler le souvenir des pensées sombres dont le héros du drame était obsédé pendant son absence ou sa captivité.

Scherzo allegro. 3/4. En st bp. Simple et gracieux. Modulation en ré h sous forme fuguée, d’un caractère sombre et vague. Modulation en m2 majeur dans un rhythme de valse, d'un accent gracieux. C'oda en stp. Motif de la fugue murmuré piano par les trois instruments. Tout ce morceau peut être considéré comme l’expression de souvenirs agréables mêlée à cet accent sombre et sévère qui caractérisait l'esprit chercheur de Beethoven. On peut aussi l'interpréter comme l'exposé des impressions que l’on ressenten parcourant un pays inconnu où la nature est tour à tour sauvage et riante, et où les prairies verdoyantes succèdent aux fourrés impénétrables ; ou bien comme la peinture d’un paysage dont l'aspect change tout à coup à l'approche d'un nuage orageux ; ou enfin comme un divertissement au milieu d’un site pittoresque, interrompu par un ciel sombre ou par quelques bruits mystérieux.

Andante cantabile. 3/4. En ré. Accent religieux. Grande richesse d'harmonie. Se lie à un À {legro moderato 2/4 en st b, puis à un Presto 6/8 (pp) en la, ramenant par la septième dominante de mi b au motif principal présenté sous une forme nouvelle. On reconnaît dans ce morceau des alternances de pensées sombres et tristes, avec des idées gaies et gracieuses. C’est comme la peinture d’un paysage pittoresque où les rochers et les ravins font opposition aux plaines riches et fertiles. C’est aussi comme si l'auteur manifestait une impression de joie mêlée de quelques sombres souvenirs, en raison des épreuves qu'il avait traversées.

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