‹ La poesie de la musiqueChapitre 51 sur 57 · MENDELSSOHN · texte numérisé non relu

MENDELSSOHN

Félix Mendelssohn-Bartholdy est né à Hambourg le 5 février 1809 et mort à Leipzig le 4 novembre 1847. Quoiqué n'ayant pas fourni une longue carrière, il a laissé de grands souvenirs comme virtuose et comme compositeur.

Très-heureusement doué sous tous les rapports, il aimait les lettres, la peinture et par-dessus tout la musique. C'était une nature d'élite qui a pu se développer facilement et promptement, grâce au milieu qui l’entourait. Son père, fils du savant philosophe Moïse Mendelssohn, était un riche banquier d’un caractère tout patriarcal; sa mère était aussi la fille d’un banquier. Il avait une sœur, Fanny, qui le recut avec joie

à son entrée dans la vie. Sa famille alla s’établir à Berlin en 1812. Le petit Félix avait alors 3 ans. Il fut bientôt confié à Berger pour le piano et à Zelter pour l'harmonie et le contrepoint. Ses facultés étaient telles qu'à 8 ans 1l était capable de lire toute espèce de musique à première vue et d'écrire correctement l’harmonie sur une basse donnée. Lejeune Mendelssohn eut le bonheur d’être présenté à Gœthe, à Weimar, à l’âge de 12 ans, par son vieux maitre Zelter, ami intime du grand poëte. Qui sait si l'affection dont l’honorait l’auteur de Faust et de Werther n’a pas contribué à exalter ses idées et à déterminer la route qu'il devait suivre? (rœthe avait su apprécier son talent s1 précoce; il l'avait entendu improviser sur un thème de son professeur, jouer les fugues de Bach ainsi que les grandes sonates de Beethoven et déchiffrer avec aplomb des manuscrits de Mozart et de Beethoven. Cet enfant, d’après lui, aurait eu la plus petite somme possible de tempérament flegmatique et possédé le swmmum des dispositions contraires. En 1822, Gœthe, tenu au courant de ses progrès par son ami Zelter, voulut revoir le petit Berlinois. Ses parents l’amènent. « Venez, mon enfant, dit-il en ouvrant le piano,

venez réveiller les esprits ailés qui sommeillent ici depuis votre départ. » Mendelssohn, né sous une heureuse étoile, élevé dans de bons principes au milieu d’une famille unie et pieuse, n'ayant jamais connu ni la misère ni le chagrin, avait un caractère en rapport avec les conditions dans lesquelles il s'était trouvé dès son enfance. Il était bon, gai, doux et modeste, de manières distinguées et plein de respect pour ses parents. Il était adoré de son professeur qui écrivait à Gœthe en décembre 1824 : « Nous entendrons aujourd’hui le double concerto de ce cher enfant, devenu, de jeune plante, arbre robuste. »

Mendelssohn avait 16 ans; il avait terminé ses études, lisait couramment les auteurs latins et grecs et connaissait aussi bien l’anglais, le franeais et l'italien que la langue de son pays. D'une figure agréable, grand et bien fait, il devait à son organisation physique l'adresse et l’habileté dont il faisait preuve dans l’équitation, la natation et l’escrime, aussi bien que dans le mécanisme du piano. Cependant le père du jeune Félix ne crut pas devoir s’en tenir à l’opinion si favorable de Zelter sur son fils. II l’amena à Paris en 1825 pour consulter Cherubini,

qui était connu pour la sévérité de ses conseils et la sûreté de son jugement. Après avoir entendu un quatuor de la composition du jeune homme, le maitre s’approcha de lui en souriant et dit : « Ce garcon est riche, il fera bien, ol fait mème déjà bien; mais il dépense trop de son argent, il met trop d'étoffe dans son habit. » C'est à cette époque que Mendelssohn recut de très-utiles conseils de M"° Bigot, pianisie etmusicienne : d’un rare mérite. Aussi conserva-t-il toujours pour la mémoire de cette femme remarquable un sentiment de reconnaissance et d'affection.

De retour à Berlin, Mendelssohn ressent le besoin de goûter les jouissances de l'esprit en mème temps que celles du cœur et se fait 1nscrire pour suivre les conférences de l’université. Il passait ainsi des arts à la philosophie, aux sciences, à la littérature. On lui doit une traduction en vers de l’Andrienne, de Térence dont il fit hommage à Gœthe. Ses moyens transcendants le remplissaient de confiance et il suivait les impulsions que provoquait en lui sa passion profonde de l’art. Aussi avant 18 ans il avait écrit ses trois quatuors pour piano, des sonates

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