‹ La poésie de la RenaissanceChapitre 102 sur 215 · Savants. de Smyrne, Guerre de Troie · texte numérisé non relu

Savants. de Smyrne, Guerre de Troie

Cognoissez l'honncste homme humblement reveslu.

Et discernez le vice imitant la vertu

Puis sondez vostre cœur pour son mérite accroistre; Il faut, dit Apollon, soi-même se cognoistre ' : Celuy qui se cognoist est seul maisire de soy, Et sans avoir royaulme il est vrayment un roy.

Commencez donc ainsi; puis sitost que par l'aage Vous serez homme fait de corps et de courage, Il faudra de vous mesme apprendre à commander, A ouïr vos subjets, les voir et demander. Les cognoistre par nom, et leur faire justice. Honorer la vertu et corriger le vice.

Maheureux sont les rois qui fondent leur appuy Sur l'aide d'un commis 2, qui par les yeux d'autruy Voyent Testât du peuple, et oyent par l'oreille D'un flateur mensonger qui leur conte merveille...

Aussi, i^our-'^ esti'e roy, vous ne devez penser Vouloir, comme un tyran, vos subjets offenser. Ainsi que nostre corps, vostre corps est de boue. Des petits et des grands la fortune se joue

Or, Sire, imitez Dieu, lequel vous a donné Le sceptre, et vous a fait un grand roy couronné. Faites miséricorde à celuy qui supplie; Punissez l'orgueilleux qui s'arme en sa folie''. Ne poussez par faveur vin homme en dignité.

Mais choisissez celui qui l'a bien mérité

Ne soyez point mocqueur, ni trop haut à la main s.

Vous souvenant tousjours cjue vous estes humain

Ayez autour de vous des personnes notables. Et les oyez parler volontiers à vos tables : Soyez leur auditeur, comme fust vostre ayeul.

Ce grand François'', qui vit encores au cercueil

Ne soulîrez que les grands blessent le populaire;

Ne souffrez que le pénible aux grands puisse déplaire :

1. rN£2ei SEATTON. « Connais - toi Parcere subjectis et debellare superbes.

toi-même. » Ce précepte était gravé ^ . ,, ,

,„ , ,4.,,.,^,, « Epargner ceux qui se soumettent

sur le fronton du temple de Delphes, j. j T ■ , ,, ., ,

... , .. '^ ' et dompter ceux qui ont 1 orgueil de

où Apollon rendait ses oracles

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