‹ La poésie de la RenaissanceChapitre 13 sur 215 · EXTRAITS DES ŒUVRES DE MAROT · texte numérisé non relu

EXTRAITS DES ŒUVRES DE MAROT

Les Procès.

Ce que tu ne vis oncques,

Te ferai voir. Or, saches, ami, doncques.

Qu'en cestuy parc', où ton regard épans.

Une manière il y a de serpens,

Qui, de petits viennent grans et félons.

Non point volans, mais traisnans, et bien longs.

Ce ne sont pas vipereaux furieux.

Ne basilics 2 tuans les gens des yeux :

Ce ne sont pas mortifères aspics,

Mais ce sont bien serpents qui valent pis

C'est la nature au serpent plein d'excès. Qui, par surnom, est appelé procès.

Tel est son nom, qui est de mort une ombre ; Regarde un peu : en voilà un grand nombre; De gros, de grans, de moyens et de gresles.

Plus malfaisans que tempestes, ne gresles

Celui qui tire ainsi hors sa languette, Destruira bref-' quelqu'un, s'il ne s'en guette : Celui qui siffle, et a les dents si drues. Mordra quelqu'un, qui en courra les rues : Et ce froid là, qui lentement se traisne. Par son venin a bien sçeu mettre haine Entre la mère et les mauvais enfans;

Car serpens froids sont les plus échaufans

Et cestuy-là, plus antique qu'un roc, Pour reposer s'est pendu à un croc ; Mais ce petit, plus mordant qu'une louve. Dix grans serpents dessous sa pance couve :

1. C'est l'Enfer ou la prison du CUà- 2. Sasilics , petits serpents fascina telet qu'il désigne ainsi. teurs.

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