L'inspiration religieuse qui anime
AGKIPPA DAUBIGNE. 245
D'un seul point le soleil n'éloigne l'hémisphère', Il jette moins d'ardeur, mais autant de lumière. Je change sans regrets, lorsque je me repens Des frivoles amours et de leur artifice. J'aime l'hiver qui vient purger mon cœur du vice. Comme de peste Tair, la terre de serpents.
Mon chef blanchit dessous les neiges entassées.
Le soleil, qui me luit, les eschautle, glacées.
Mais ne les peut dissoudre, au plus court de ces mois.
Fondez, neiges; venez dessus mon cœur descendre,
Qu'encores il ne puisse allumer de sa cendre
Du brazier, comme il fit des flammes autrefois-.
Mais quoi! serai-je eslelnt devant ma vie esteinle-':'
\e luira plus en moi la flamme ^^ve et sainte.
Le zèle flamboyant de la sainte maison ?
Je fais aux saints autels holocaustes des restes '•
De glace aux feux impurs, et de naphte aux célestes :
Clair et sacré flambeau, non funèbre tison!
Voici moins de plaisirs, mais voici moins de peines. Le rossignol se taist. se taisent les Sereines "' : Nous ne voyons cueillir ni les fruits ni les fleurs; L'espérance n'est plus bien souvent tromperesse. L'hiver jouit de tout, bienheureuse vieillesse, La saison de l'usage", et non plus des labeui's.
Mais la mort n'est pas loin. Cette mort est suivie
Dun vivre sans mourir, fin d'une fausse vie.
Vie de nostre vie et mort de nostre mort.
Qui hait la sûreté pour aimer le naufrage.^
Qui a jamais été si friand" de voyage.
Que la longueur en soit plus douce que le port*^.^
(Poésies mêlées.)
1. Le soleil est toujours également G. Où l'on jouit du fruit de son laéloigué de la terre. beur.