C'est une croyance encore réjan- dans ks villes
AGRIPPA D AUBIGNE. 269
I De rcmpnrls, bastions, fossez et contre-mines, I "-^es-brais, parapets, chemises et conrlines' ; \.)^ excellens desseins ne sont que garnisons, (^)ue nos pères fuyoient comm' on fuit les prisons. Quand le coj-ps gelé veut mettre robbe sur rol)be, Dlles que la chaleur s'enfuit et se desrobe. L'ange de Dieu vengeur, une fois commandé,
! j\e se dcslom-ne pas pour estre appréhendé- : C.:\r ces symptômes vrais, qui ne sont que présages, ■ -entent en nos cœurs aussi tost qu'aux visages.
Vengeance célesle.
A oila le front hideux de nos calamitez, La vengeance des cieux justement desjMlcz. Comme par force l'œil se destourne à ces choses. Retournons les esprits pour en toucher les causes.
France, tu l'eslevois orgueilleuse au milieu Des autres nations; et ton i^ère et ton Dieu, ' Qui tant et tant de fois par guerres estrangeres T'esprouva, t'adverlit des verges, des misères. Ce grand Dieu void au Ciel du feu de son clair œil Que des maux eslrangers tu doublois ton orgueil. Tes superstitions et tes coutumes folles De Dieu qui te frappoit te poussoyent aux idoles ; Tu te crevois de graisse en patience'', mais Ta paix csloit la sann- bâtarde de la paix. Rien n'esloit honoré parmi toi que le vice; Au Ciel estoit Ijannie en pleurant la justice, L'Église au sec désert, la vérité après. L'enfer fui épuisé et visité de i)rès.
Pour cercher en son fond une verge nouvelle A punir jusqu'aux os la nation rebelle.
Cet enfer nourrissoit, en ses obscuritcz. Deux espiits '■, que les Cieux formèrent, despitez,
1. /"owe-ft/aii, seconde enceinte nnie couverte d'nue muraille entre deux par un terre-plein à lescarpe d'une bastions, premitre enceinte. — Clvmise , mur 2. Quoiqu'on l'appréLenJe. qui soutient les terres d'un reuiijart et 3. En pnliencc, c.-à-d. en paix. d'un bastion. — Couiliiie, partie dé- 4. Il s'agit do Catlieriue de llédicis
et du cardinal Charles de Lorraine.
270 LA POESIP: DE LA RENAISSANCP].
Des pires excremens, des vapeurs inconnues
Que l'haleine du bas exhale dans les nues.
L'essence et le subtil de ces infections
SalTina par sept fois en exhalations,
Comme Ton void dans l'air une masse visqueuse
Lever' premièrement l'humeur contagieuse
De l'haleine terrestre; et quand auprès des Cieux
Le choix- de ce venin est haussé, vicieux,
Comm' un astre il prend vie et sa force secrette
Espouvante chacun du regard d'un cornette-'.
Le peuple, à gros amas aux places ameuté.
Bec douteusement sur la calamité
Et dit : K Ce feu menace et promet à la terre.
Louche'', pasle ou flambant, iieste, famine ou guerre. »
A ces trois"^ s'aprestoient ces deux astres nouveaux. Le peuple voyoit bien ces cramoisis flambeaux, Mais ne les peut juger d'une pareille sorte. Ces deux esprits meurtriers de la France mi-morte Nasquirent en nos temps; les astres mutinez Les tirèrent d'enfer, puis ils furent donnez A deux corps vicieux; et l'amas de ces vices Trouva l'organe prompt à leur mauvais ofïices.
Anuihèine à Catherine de Médicis.
Voici les deux flambeaux et les deux instruments Des plaies de la France et de tous ses tourments : Une fatale femme, un cardinal c[ui d'elle. Parangon de mal-heur, suivoit l'ame cruelle. « Mal-heur'', ce dit le Sage, au peuple dont les ioix Tournent' dans les esprits des fols et jeunes Rois Et qui mangent matin. » (^)ue ce mal-heur se trouve Divinement predict par la certaine espreuve ! Mais cela qui faict plus le règne mal heureux Que celuy des en fans, c"est quand on void pour eux