‹ La poésie de la RenaissanceChapitre 157 sur 215 · Ab^che, donne la becqu'Je · texte numérisé non relu

Ab^che, donne la becqu'Je

France, lu es si docte et parles tant de langues ' ! O monstrueux discours, ù funestes harangues! Ainsi, niourans les corps, on a veu les esprits Prononcer les jargons qu'ils n'avoyent point apris.

Tu as plus que jamais de merveilleuses testes. De sçavoirs monstrueux, de vrais et faux prophètes. Toi, prophète, en moiu'ant du mal de ta grandeur. Mieux que le médecin tu chantes ton mal-heur.

France, tu as commerce aux nations estranges-. Par tout intelligence, et par tout des eschanges. L'oreille du malade e?l ainsi claire, alors Que l'esprit dit à Dieu aux oreilles du corps.

France, hien qu'au milieu tu sens des guerres fières. Tu as paix et repos à tes villes frontières. Le corps tout feu dedans, tout glace par dehors. Demande la bière et bien tost est faict corps.

Mais, France, on void doubler dedans toi l'avarice. Sur le suoil du tombeau les vieillards ont ce vice : Quand le malade amasse et couverte et linceux Et tire tout à soi c'est un signe piteux-'.

On void périr en toi la chaleur naturelle. Le feu de charité, tout' amour mutuelle; Les déluges espais achèvent de noyer Tous chauds désirs au cœur qui estoit leur fouïcr ; Mais ce fouïer du cœur a perdu l'avantage Du feu et des esprits qui faisoyent le courage.

Ici n^arquent, honteux, les généreux François, Que leurs armes estoyent légères autresfois, Et que, quand l'estranger esjamboit leurs barrières, Ils ne daignoient s'enclovre en leurs villes frontières : L'ennemi, aussi tost comm' entré combattu '•, Faisoit à la campagne essai de leur vertu. Ores, pour tesmoigner la caducque vieillesse Qui nous oste l'ardeur et nous ci'oist la finesse, Nos cœurs froids ont besoin de se voir emmurez. Et, comme les vieillards revestus et fourrez

1. Allusion à la confu.-ion des pai-tis due, que le malade qui ramène à soi le.< qui rappelle la confusion des longues^ onuvcrtures et les dx'aps {linceux) de !Ui temps de la tour de lîubel. sou lit, est à la dernière extrémité.

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