‹ La poésie de la RenaissanceChapitre 161 sur 215 · Jésabel désigne Catherine de Médi- de ta puissance. cis · texte numérisé non relu

Jésabel désigne Catherine de Médi- de ta puissance. cis

Tu as veu à ton gré deux camps de deux costcz. Tous deux pour loy, tous deux à ton gré tourmentez. Tous deux François, tous deux ennemis de la France, Tous deux exécuteurs de ton impatience.

Tous deux la pasle liorreur du peuple ruiné. Et un peuple par toy contre soi mutiné; Par eux lu vois des-ja la terre yvre, inhumaine. Du sang noble François et de l'estranger ' pleine. Accablez par le fer que tu as esmoulu. Mais c'est beaucoup plus tard que tu n'eusses voulu : Tu n'as ta soif de sang cju'a demi arrosée, Ainsi que d'un peu d'eau la flamme est embrasée. G'estoit un beau miroir de ton esprit mouvant. Quand parmi les nonnains au florentin couvent, ÎV 'ayant jDOUvoir encor de tourmenter la terre. Tu dressois tous les jours quelc[ue petite guerre: Tes compagnes pour toi se tiroyent aux cheveux-. Ton esprit dès lors plein de sanguinaires vœux Par ceux cjui prevoyoyent les elfects de ton ame Ne peut estre enfermé, subtil comme la flamme : Un mal-heur nécessaire et le vouloir de Dieu >e doit perdre son temps ni l'assiette du lieu : Gomme celle qui vid en songe que de Troye Elle enfantoil les feux-\ vid aussi mettre en proye Son pais par son fds, et pour sçavoir son mal, JNe peut brider le cours de son mal-heur fatal. Or ne vueille le Ciel avoir jugé la France A servir septante ans de gibier à Florence ! JN'e vueille Dieu tenir pour plus long-temps assis Sur nos lis tant foulez le joug de Medicis! Quoi que l'arrest du Ciel dessus nos chefs destine. Toi, verge de courroux, impure Florentine, Nos cicatrices sont ton plaisir et ton jeu ; Mais tu iras. en fln connue la verge au feu. Quand au lict de la mort ton fils et tes plus proches Consoleront tes plaints ' de ris et de reproches.

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