‹ La poésie de la RenaissanceChapitre 166 sur 215 · Arracbé au barreau. faux l'honneur de se tuer · texte numérisé non relu

Arracbé au barreau. faux l'honneur de se tuer

3. Bourlet, cercle d'étofîe rempli de •■>. Lu Boulonne, affluent de droite de bom-re, et que les gens de justice por- la Cluirente.

taient sur l'épaule. . — Cornclle, pièce de C. Saint Etienne, taffetas noir portée sur la robe, et qui

La inilice est perdue, et rescrime en sou lieu \ssaut le vrai honneur, escrimant conire Dieu.

Les quatre nations proches de nostre porte ' N'ont humé ce venin, au moins de telle sorte. Voisins, qui par leur ruse, au défaut de vertus, \ous ont pippez-, pillez, efTraiez et battus. Nous n'osons nous armer, les guerres nous flestrissent, (Ihacun combat à part, et tous en gros périssent.

La Papauté^.

Voila Testât pileux de nos calamitez, La vengeance des deux justement irritez. En ce fascheux estât, France et François, vous estes Nourris, entretenus par estrangeres bestes, Besles de qui le but et le principal soin Est de mettre à jamais au tyrannique poing De la beste de Rome ' un sceptre qui commande L'Europe, et encor plus que l'Europe n'est grande.

Aussi l'orgueil de Rome est à ce point levé Que d'un prestre tout roi, tout empereur, bravé. Est marchepied fangeux : on void, sans qu'on s'estonne, La pantoufle crotter les fleurs de la couronne : Dont"^, ainsi que Néron, ce iNeron insensé Renchérit sur l'orgueil que l'autre avoit pensé.

« Entre tous les mortels de Dieu la prevoiance M'a du haut ciel choisi, donné sa iieutenance. .le suis des nations juge, à vivre et mourir; Ma main faict qui lui plaist et sauver et périr ; Ma langue, déclarant les edicts de fortune. Donne aux citez la joye ou la plainte commune; Rien ne fleurit sans moi : les milliers enfermez De ines gladiateurs sont d'un mot consumez;

1. L'Espague, la Savoie, l'Italie, et jésuites, que D'Aubigné était un jirotesl'Allemague. tant fougueux et volontiers passiouné.

2. Gomme on jiipe, à la chasse, les 4. C'est le pape que D'Aubigné deoiseaux, en imitant le cri de la chouette signe ainsi.

pour les attirer. 5. A la suite de cela, le pape, au,-si

3. On n'oubliera pas, en lisant ce* vc rs insensé que JNéron, est encore plus fier et ceux qui suivent sur l'ordre des que lui de sou pouvoir.

AGRIPPA D AUBIGNE. 285

l'ar mes ariosis j'cspais. je destriiicls, je conserve Tout pais, loulc geiil. je la rend libre ou serve; .l'esclave les plus grands : mon plaisir pour tous droicts Donne aux gueux la couronne et le bissac aux rois. » Cet ancien loup Romain' n'en sçeut pas davantage: 'Mais le loup de ce siècle- a bien autre langage : i< Je dispense, dit-il, du droict contre le droicl ; Celui que j'ai damne, quand le Ciel le voudroit, .Ne peut estre sauvé ; j'authorise le vice; .Fe fai le faict non faict, de justice injustice; .le sauve les damnez en un petit moment; .l'en loge dans le ciel à coup-' un régiment; Je fai de boue un Roi, je mets les Rois aux fanges; Je fai les Saincts; sous inov obéissent les Anges; Je puis (cause première à tout cet Univers) Mettre l'Enfer au Ciel et le Ciel aux Enfers. »

Les Jéi^iiiles '.

Voilà vostre Evangile, ù vermine espagnoUe, Je dis vostre Evangile, engeance de Loyole, Qui ne portez la paix sous le double manteau^, Mais qui empoisonnez l'homicide cousteau'' : C'est vostre instruction d'establir la puissance De Rome, sous couleur de points de conscience, Et, sous le nom menti de Jésus, csgorger Les rois et les Estais où vous pouvez loger. Allez, preschez, courez, voilez, meurtrière trope. Semez le feu d'enfer aux quatre coins d'EuroiJc : Vos succez paroistront quelque jour, en cuidant Mettre en Septentrion le sceptre d'Occident.

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