‹ La poésie de la RenaissanceChapitre 165 sur 215 · Il y avait encore^ entre ces mal- 3. Irrités · texte numérisé non relu

Il y avait encore^ entre ces mal- 3. Irrités

lieureux, une condition extrême.... 4. Un décret de Constantin défendit

■2. Ce venin .sortit de la lif du i)eup'.e 1er; spectacles du gla<liateurs.

pour se transmettre aux nobles. ."). Se retrancher.

La valeur cVaujonrdlnn.

La voici' pour ce temps : bien prendre une querelle

Pour un oiseau ou chien^

Au plaisir d'un vallet, d'un boufTon gazouillant Qui veut, dit-il, sçavoir si son maistre est vaillant ; Si un prince vous hait, s'il lui prend quelque envie D'emploier vostre vie à perdre une autre vie. Pour payer tous les deux, à cela nos mignons, Tous rians et transis, deviennent compagnons Des valets, des laquais. Quiconque porte espée L'espère voir au sang d'un grand prince trempée. De cette loi sacrée ores ne sont exclus Le malade, l'enfant, le vieillard, le perclus : On les monte, on les arme, on invente, on devine Quelques nouveaux outils à remplir Libitine-^; On y fend sa chemise, on y montre sa peau; Desi^ouillé en coquin, on y meurt en bourreau : Car les perfections du duel sont de faire Un appel sans raison, un meurtre sans colère. Au jugement d'autrui, au rapport d'un menteur : Somme, sans estre juge, on est l'exécuteur.

Ainsi faisant vertu d'un exécrable vice. Ainsi faisant mestier de ce qui fut supplice Aux ennemis vaincus, sont par les enragés De leurs exploits sur eux les diables soulagés '• : l'oUc race"^ de ceux qui pour quelque vaisselle, Yeaulrez l'eschine en bas, fermes sur leur rondelle*'. Sans regrets, sans crier, sans tressants apparents. Se faisoient esgorger au profit des parents ! Tout péril veut avoir la gloire pour salaire. Tels périls amenoient l'infamie au contraire : Entre les valeureux ces cœurs n'ont point de lieu ; Les anciens leur donnoient pour tutelaire Dieu,

1. « Voici quelle est la vertu de qu'ils n'ont plus besoin d'employer leur> notre temps.... » ruses pour les perdre.

2. Hémistiche supprimé. 5. Ils sont bien de la race, eu effet.

3. Libitine, divinité qui présidait de ceux qui pratiquaient jadis le duel aux funérailles. judiciaire.

4. Les diables sont soulagés parce 6. Romlelle, sorte de bouclier.

AdRlPPA D'AUBIGNE. 283

>on Mai's, chef des vaillans : le chef de cette peste Fut Saturne le triste, infernal et funeste'.

Le François a\englé en ce siècle dernier Est tout gladiateur et n'a rien de guerrier. On débat dans le pré les conlracts, les cedules; Nos jeunes conseillers y descendent des mules ; J'ai veu les thresoriers du duel se coëtTer, Quitter l'argent et l'or pour manier le fer. L'avocat desbauché du barreau^ se desrobe, Souille à bas le bourlet, la cornette^ et la robe; Quel beur d'un grand mal-heur, si ce brutal excès l'arvenoit à juger un jour tous nos procès! Enfin rien n'est exempt : les femmes en colère Ostent au faux honneur l'honneur de se delTaire ' ; Ces homiîiasses, plus tost ces démons desguisez. Ont mis l'espée au jioing, les cotillons posez, Trépigné dans le pré avec bouche cmbavée, Ik'as courbé, les yeux clos et la jambe levée ; L'une dessus la peur de l'autre s'avançant Menace de frayeur et crie en offençant.

Ne contez pas ces Iraicts pour feinte ni pour songe ; L'histoire est du Poitou et de nostre Xaintonge : La Boutonne"^ a lavé le sang noble perdu Que ce sexe ignorant au fer a respandu.

Des triomphans martyrs la façon n'est pas telle : Le premier champion'' de la haute querelle Prioit pour ses meurtriers et voyoit en priant Sa place au Ciel ouvert, son Christ l'y conviant. Celuy qui meurt pour soi et en mourant machine De tuer son tueur void sa double ruine : Il voit sa place preste aux abysmes ouverts; Satan grinçant les dents le convie aux enfers.

Depuis que telles loix sur nous sont cstablies, A ce jeu ont voilé plus de cent mille vies:

1. Parce qu'on donnait à Home, pen- inrliq liait le grade du légiste ou du dant les Saturnales, des combats de méilecin.

gladiateurs (v. Au.'^osE, Ecloga de 4. Se donner la mort. — Les femmes

fei-iU Ro7nanis, 33). elles-mêmes ne considèrent pas comme

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