En Angleterre, le jésuite Campiau
Je voi comme le fer piteusement besongne En Mosco, en Suède, en Dace, et en Polongne'. Insensez, en Guidant vous avancer beaucoup, Vous eslevez l'agneau, altei'rant votre loup! O prince mal-beurcux-, qui donne au jésuite L'accez et le crédit que ton péché mérite!
Or, laissons là courir la pierre ■* et le cousteau Qui nous frappe d'eu haut; voyons d'un œil nouveau Et la cause et le bras qui justement les pousse; Foudroiez, regardons qui c'est qui se courrouce; Faisons paix avec Dieu pour la faire avec nous; Soions doux à nous mesm', et le Ciel sera doux; jNe tyrannisons point d'envie nostre vie. Lors nul n'exercera dessus nous tyrannie; Osions les vains soucis; nostre dernier souci Soit de parler à Dieu en nous plaignant ainsi.
Analhèmes .
c< Tu vois '', juste Vengeur, les maux de ton Eglise, Qui, par eux mise en cendre et en masure"^ mise, A, contre tout espoir, son espérance en toy; Pour son retranchement, le rempart de la foy.
« Tes ennemis et nous sommes égaux en vice. Si, juge, tu te sieds en ton lit de justice; Tu fais pourtant un choix d'enfans ou d'ennemis. Et ce choix est celuy que ta grâce y a mis.
« Si tu leur fais des biens, ils s'enflent en blasphèmes, Si tu nous fais du mal, il nous vient de nous-mesmes; Us maudissent ton nom quand tu leur es plus doux; Quand tu nous meurtrirois'', si, te bénirons-nous.
« Cette bande meurtrière à boire nous convie Le vin de ton courroux"; boiront-ils point la lie.^ Ces verges qui sur nous s'esgayent, comm' au jeu. Sales de nostre sang, vont-elles pas au feu?
1. L'influence des jésuites ne se pro- 4. D'Aubigné s'adresse à Dieu, pagea pas, en effet, dans les Etats du 5. Réduite à célébrer son culte dans Nord et de l'Est de l'Europe. des masures.
2. Apostrophe à Henri III, assassiné 6. (^uand tu ,nous mettrais à mort, à l'instigation des jésuites, dont il avait pourtant
favorisé l'établissement en France. 7. Expression biblique. V. Jérémik,
3. Il est impossible de dire à quel xxv, 15. événement ce mot fait allusion.
AGRIPPA DAUBIGNK. 287
Ghaslie en ta douceur, punis en ta furie L escapade aux aigneaux, des loups la bouclierie ; Dislingue pour les deux (coniuie lu l'as promis) La verge à tes enfans, la barre ' aux ennemis.
« Yeux-tu longtemps laisser en celle terre ronde Régner ton ennemy? N'es-tu seigneur du monde, Toy, Seigneur, qui abbas-, qui blesses, qui guéris, Qui donnes vie et niorl, qui tue et qui nourris? [veilles:
« Les princes n'ont point d'yeux pour voir ces grand' mer- Quand tu voudras tonner, n'auront-ils point d'oreilles.' Leurs mains ne servent plus qu'à nous persécuter; Ils ont tout pour Satan, et rien pour te porter-^
« Sion ne reçoit d'eux que refus et rudesses; Mais Babel les rançonne et pille leurs ricliesses : Tels sont les monts cornus qui (avaricieux) Monslrent l'or aux Enfers et les neiges aux Cieux.
« Les temples du payen, du Turc, de l'idolastre. Haussent dedans • le ciel et le martyre et l'albaslre ; Et Dieu seul, au désert pauvrement hébergé, A basli tout le monde, et n'y est pas logé!
« Les moineaux ont leurs nids, leurs nids les hiiondelles ': On dresse quelque fuye aux simples colombelles; Tout est mis à l'abri par le soin des mortels. Et Dieu, seul immortel, n"a logis ni autels.
:<■ Tu as tout l'univers, où ta gloire on contemple, Pour marcliepied la terre, et le ciel pour un temple''. Où te chassera l'homme, ô Dieu victorieux-' Tu possèdes le ciel, et les cieux des liaults cieux"!
'( Nous faisons des rochers les lieux ou l'on te presche^. Un temple de l'estable, un autel de la crèche; Eux, du temple une estable aux asnes arrogants. De la saincte maison la caverne aux brigands.
« Les premiers des chrestiens prioient aux cimetières : Nous avons faict ouïr au tombeau nos prières, Faict sonner aux tombeaux le nom de Dieu le fort, Et annoncé la vie au logis de la mort.