‹ La poésie de la RenaissanceChapitre 168 sur 215 · En Angleterre, le jésuite Campiau · texte numérisé non relu

En Angleterre, le jésuite Campiau

Je voi comme le fer piteusement besongne En Mosco, en Suède, en Dace, et en Polongne'. Insensez, en Guidant vous avancer beaucoup, Vous eslevez l'agneau, altei'rant votre loup! O prince mal-beurcux-, qui donne au jésuite L'accez et le crédit que ton péché mérite!

Or, laissons là courir la pierre ■* et le cousteau Qui nous frappe d'eu haut; voyons d'un œil nouveau Et la cause et le bras qui justement les pousse; Foudroiez, regardons qui c'est qui se courrouce; Faisons paix avec Dieu pour la faire avec nous; Soions doux à nous mesm', et le Ciel sera doux; jNe tyrannisons point d'envie nostre vie. Lors nul n'exercera dessus nous tyrannie; Osions les vains soucis; nostre dernier souci Soit de parler à Dieu en nous plaignant ainsi.

Analhèmes .

c< Tu vois '', juste Vengeur, les maux de ton Eglise, Qui, par eux mise en cendre et en masure"^ mise, A, contre tout espoir, son espérance en toy; Pour son retranchement, le rempart de la foy.

« Tes ennemis et nous sommes égaux en vice. Si, juge, tu te sieds en ton lit de justice; Tu fais pourtant un choix d'enfans ou d'ennemis. Et ce choix est celuy que ta grâce y a mis.

« Si tu leur fais des biens, ils s'enflent en blasphèmes, Si tu nous fais du mal, il nous vient de nous-mesmes; Us maudissent ton nom quand tu leur es plus doux; Quand tu nous meurtrirois'', si, te bénirons-nous.

« Cette bande meurtrière à boire nous convie Le vin de ton courroux"; boiront-ils point la lie.^ Ces verges qui sur nous s'esgayent, comm' au jeu. Sales de nostre sang, vont-elles pas au feu?

1. L'influence des jésuites ne se pro- 4. D'Aubigné s'adresse à Dieu, pagea pas, en effet, dans les Etats du 5. Réduite à célébrer son culte dans Nord et de l'Est de l'Europe. des masures.

2. Apostrophe à Henri III, assassiné 6. (^uand tu ,nous mettrais à mort, à l'instigation des jésuites, dont il avait pourtant

favorisé l'établissement en France. 7. Expression biblique. V. Jérémik,

3. Il est impossible de dire à quel xxv, 15. événement ce mot fait allusion.

AGRIPPA DAUBIGNK. 287

Ghaslie en ta douceur, punis en ta furie L escapade aux aigneaux, des loups la bouclierie ; Dislingue pour les deux (coniuie lu l'as promis) La verge à tes enfans, la barre ' aux ennemis.

« Yeux-tu longtemps laisser en celle terre ronde Régner ton ennemy? N'es-tu seigneur du monde, Toy, Seigneur, qui abbas-, qui blesses, qui guéris, Qui donnes vie et niorl, qui tue et qui nourris? [veilles:

« Les princes n'ont point d'yeux pour voir ces grand' mer- Quand tu voudras tonner, n'auront-ils point d'oreilles.' Leurs mains ne servent plus qu'à nous persécuter; Ils ont tout pour Satan, et rien pour te porter-^

« Sion ne reçoit d'eux que refus et rudesses; Mais Babel les rançonne et pille leurs ricliesses : Tels sont les monts cornus qui (avaricieux) Monslrent l'or aux Enfers et les neiges aux Cieux.

« Les temples du payen, du Turc, de l'idolastre. Haussent dedans • le ciel et le martyre et l'albaslre ; Et Dieu seul, au désert pauvrement hébergé, A basli tout le monde, et n'y est pas logé!

« Les moineaux ont leurs nids, leurs nids les hiiondelles ': On dresse quelque fuye aux simples colombelles; Tout est mis à l'abri par le soin des mortels. Et Dieu, seul immortel, n"a logis ni autels.

:<■ Tu as tout l'univers, où ta gloire on contemple, Pour marcliepied la terre, et le ciel pour un temple''. Où te chassera l'homme, ô Dieu victorieux-' Tu possèdes le ciel, et les cieux des liaults cieux"!

'( Nous faisons des rochers les lieux ou l'on te presche^. Un temple de l'estable, un autel de la crèche; Eux, du temple une estable aux asnes arrogants. De la saincte maison la caverne aux brigands.

« Les premiers des chrestiens prioient aux cimetières : Nous avons faict ouïr au tombeau nos prières, Faict sonner aux tombeaux le nom de Dieu le fort, Et annoncé la vie au logis de la mort.

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