‹ La poésie de la RenaissanceChapitre 169 sur 215 · Eu offrande. 7. Les espaces infinis. — C'est l'ex · texte numérisé non relu

Eu offrande. 7. Les espaces infinis. — C'est l'ex

4. Dedans, parce qu'ils semblent preision biblique : cceli cœlorum. i'élever jusque dans les nues. 8. Les protestants persécutés, durent

2SS LA POESIE DE LA lŒNAISSANCE.

<( Tu peux faire conter ta louange à la pierre: Mais n'as-tu pas tousjours ton marchepied en terre!' Ne veux- tu plus avoir d'autres temples sacrez Qu'un blanchissant amas d'os de morts massacrez?

« Les morts te loueront-ils? Tes faicts grands et terribles Sortiront-ils du fond de ces bouches horribles? N'aurons-nous entre nous que visages terreux. Murmurant ta louange aux secrets de nos creux' ?

« En ces lieux caverneux tes chères assemblées. Des ombres de la mort incessamment troublées. Ne feront-elles plus resonner tes saincts lieux Et ton renom voiler des teri'es dans les cieux?

« Quoi! serons-nous muets, serons-nous sans oreilles, Sans mouvoir"^, sans chanter, sans ouïr tes merveilles? As-tu esteint en nous ton sanctuaire? Non, De nos temples vivans-* sortira ton renom.

u Tel est en cet estât le tableau de l'église; Elle a les fers aux pieds, sur la géhenne '■ assise, A sa gorge la coi-de et le fer inhumain. Un pseaume dans la bouche et un luth en la main.

« Tu aimes de ces mains la parfaicte harmonie : Nostre luth chantera le principe de vie; Nos doigts ne sont point doigts que'' pour trouver les sons, Nos voix ne sont point voix qu'à tes sainctes chansons''.

« Mets à couvert ces voix que les pluies enrouent; Deschaine donc ces doigts, que sur ton luth ils jouent; Tire nos yeux ternis des cachots ennuyeux. Et nous monstre le ciel pour y tourner les yeux.

« Soyent tes yeux adoucis à guérir nos misères. Ton oreille propice ouverte à nos prières. Ton sein desboutonné''' à loger nos soupirs, El ta main libérale à nos justes désirs.

(i Que ceux qui ont fermé les yeux à nos misères. Que ceux qui n'ont point eu d'oreille à nos jarières.

pendant longtemps chercher asile dans 4. Sens propre : instrument de torture

les solitudes où leurs pasteurs faisaient (de l'hébreu Oé-Hiniiom, nom d'un lieu

la prédication. voisin de Jérusalem, où les juifs im-

1. Des cavernes dans lesquelles nous molèrent des entants aux idoles, nous réfugions. V. Jérémie, vu, 31).

Page 1