‹ La poésie de la RenaissanceChapitre 185 sur 215 · C'est le langagefrançais italianisé, xal, xui · texte numérisé non relu

C'est le langagefrançais italianisé, xal, xui

WATIIURIN REGNIER. 317

<.<■ Mais quoy 1 ine diras-tu, il l'en faut autant faire : Qui ose a peu souvent la fortune contraire'. Importune le Louvre et de jour et de nuict, Perds pour fassujeltir et la table et le Ilot; Sois entrant-, effronté, et sans cesse importune : En ce temps l'impudence eslève la fortune. »

Il est vray; mais pourtant je ne suis point d'avis De desgager mes jours pour les rendre asservis ■*, Et souz un nouvel astre aller, nouveau pilotte, Conduire en autre mer mon navire qui flotte Entre l'espoir du bien et la peur du danger De froisser' mon attente en ce bord estranger.

Car, pour dire le vray, c'est un pays estrange, Où, comme un vray Prolée, à toute heure on se change. Où les loys, par respect sages humainnemcnt-', Confondent le loyer avecq' le chastiment. Et pour un mesme fait, de mesme intelligence*'. L'un est justicié, rautrc aura lécompence.

Car .selon l'interest, le crédit ou Tajiny, Le crime se condamne et s'absout aujourd'huy. Je le dy sans confondre en ces aigres remarques La clémence du Iloy, le miroir des monarques, Qui, plus grand de vertu, de cœur et de renom, S'est acquis de clément et la gloire et le nom.

Or, quant à ton conseil qu'à la Cour je m'engage, Je n'en ay pas l'esprit, non plus que le courage. Il faut trop de sçavoir et de civilité, Et, si j'ose en parler, trop de subtilité. Ce n'est pas nion humeur : je suis mélancolique. Je ne suis point entrant, ma façon est rustique; Et le surnom de bon me va-t-on reprochant, D'autant que je n'ay pas l'esprit d'cstre meschant.

Et iDuis, je ne sçaurois me forcer ny me feindre; Trop libre en volonté, je ne me puis conti'aindre; Je ne sçaurois flatter, et ne sçay point comment Il faut se taire accort", ou parler faussement,

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