‹ La poésie de la RenaissanceChapitre 44 sur 215 · Le cri du cœur échappe ici, bien rappela le poète · texte numérisé non relu

Le cri du cœur échappe ici, bien rappela le poète

Veoyla le poiact, il ne fault pas nicntyr.

Que l'air de Fiance il n'ose aller sentyr :

Mais s'il avoit sa demande impetrée,

Jambes ne teste il n'ha si enipestrée,

Qu'il n'y vollast. En vous parlant ainsy,

Plusieurz diront que je m'ennuie icy,

Et pensera quelque catïart pelé.

Que je demande à estre lappelé.

Mais, Monseigneur, ce que demander j'ose,

De quatre pas n'est pas si grande chose;

Ce que je quiers, et que de aous espère.

C'est qu'il vous plaise au Roy, vostre cher père.

Parler pour moy, si bien qu'il soit induict

A me donner le petit saufconduict

De demy an ' que la bride me lasche.

Ou de six mois, si demy an luy fasche :

Non pour aller visiter mes chasteaux.

Mais bien pour Aeoir mes petits Mai'oteavix-,

Et donner ordre à un faix qui me poise :

Aussy afTin que dire adieu je voyse

A mes amys et mes compagnons vieulx.

Car vous sçavez, si fay je encore mieulx

Que la poursuitte et fureur de l'alTaire

Ne me donna jamais temps de ce faire :

Aussy afiln qu'encor un coup j'accoUe

La court du Roy, ma maistresse d'escolle-'.

Si je vois là mille bonnets ostez.

Mille bons jours viendront de tous costez. Tant de Dieu gard, tant qui m'embrasseront : Tant de salutz qui d'or point ne seront. Puis ce dira quelque langue friande.

Et puis Marot, est ce une granl'viande^ Qu'estre de France estrangé et banny ■' Par Dieu, Monsieur, ce diray-je, ncnny.

Lorsque de chère et grandes accollées, Prendrav les bons, laisserav les voilées.

1. D'uue demi-année. qui a formo .Marot : c'est à elle, au dé-

2. II y a comme une tendi'esse dou- sir de lui ijlaire, qu"il doit ses qualités loureusc dans cette façon de désigner de finesse et de gentillesse.

ses enfants. 4. Est-il de grande importance...

Page 1