‹ La poésie de la RenaissanceChapitre 55 sur 215 · L'ouvrier · texte numérisé non relu

L'ouvrier

Cruelle mort, mort plus froide que marbre. N'a elle tort de faire cheoir de l'arbre Un fruict tant jeune, un fruict sans meureté. Dont la verdeur donnoit grand' seureté De bien futur ? Qu'a elle encores faict P Elle a, pour ATay, du mcsme coup deffaict De père et mère espérance et liesse.

Qui s'attendoient resjouyr leur vieillesse Avec leurs filz : desquelz la mort soudaine Nous est tesmoing, que la vie mondaine ' Autant enfans que vieillards abandonne.

112 nous doit plaire, et puisque Dieu l'ordonne^.

{Cimetière.)

Aux Dames de France

O bien heureux qui veoir pourra Florir le temps que l'on orra Le laboureur à sa charrue.

Le charretier parmy la rue.

Et 1'ar.tisan en sa boutique, Avecques un pseaume ou cantique En son labeur se soulager !

Heureux qui orra le berger Et la bergère au boys estans Faire que rochiers et estangs Après eux chantent la hauteur Du sainct Nom de leur Créateur!

Souffrirez vous qu'à joye telle Plustost que vous Dieu les appelle:' Commencez, Dames, commencez.

Le siècle doré avancez'.

En chantant d'un cueur débonnaire Dedans ce sainct Cancionnaire-', Afin que du monde s'envolle Ce Dieu inconstant d'amour folle.

Place faisant à l'amiable Vray Dieu d'amour, non variable.

[Préface des Psaumes.)

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