Pique. 5. Qui coui-eut riipidemeut, cliligents
3. Le âoe de ta charrue. C. Pour reposer ses amours. M. La poésie de la Rsnaissance. xO
Sur ta cyme il fait son ny,
Bien garny De laine et de fine soye.
Où SCS petits esclorront.
Qui seront De mes mains la douce proye.
Or yy, gentil aubespin,
Vy sans fin.
Vy sans que jamais tonnerre Ou la coignée, ou les vents,
Ou les temps Te puissent ruer i^ar terre.
(Odes.)
Evocation.
Lors, en tirant de sa gaine yvoirine Un long couteau, le.caclie' en la poitrine De la victime, et le cœur luy chercha. Dessus sa playe à terre elle broncha En trépignant; le sang rouge il amasse Dedans le creux d'une profonde tasse.
Puis le renverse en la fosse à trois fois, L'cspée au poing, priant à haute voix La royne Hécate et toutes les familles Du noir Enfer, qui de la Nuict sont filles, l^e froid abysme et l'ardent Phlegeton, Styx et Cocyl', Proserpine et Pluton, L'Horreur, la Peur, les Ombres, le Silence, Et le Chaos, qui fait sa demeurance Dessous la terre, en la profonde nuit.
Voisin d'Érèbe, où le soleil ne luit.
Il achevoit, quand un eli'roy luy serre Tout Festomac-; un tremblement de terre. Se crevassant par les champs, se fendit; Un long aboy des mastins s'entendit Par le bocage, et Hyante est venue Comme un esprit atfublé d'une nue.
1. C'est de Praucus, fils d'Htctor et 2. Le cœur, le hcTos de la F/aiicUidc, qu'il s'agit ici.
PIP:KRE de RONSARD. U7
'< Voicy, disoit, la déesse venir, .le sens Hécate horrible me tenir; .le tremble tout, et sa force puissante Tout le cerveavi me frappe et me tourmente. Tant plus je veux alenler' son ardeur, Plus d'aiguillons elle me lance au cœur, Me transportant, si bien que je nay veine Ny nerf sur moy, ny ame qui soit saine. Car mon esprit, qui le dœmon reçoit.
Rien que fureur et horreur ne conçoit. »
Plus que devant une rage lallume; Elle apparut plus grand" que de coustume ; De teste en pied le corps luy frissonnoit. Et rien dhumain sa langue ne sonnoit-.
(La Franciade, chant IV.)
Églogue.
OrLEANTIN''.
Puis que le lieu, le temps, la saison et l'envie. Qui s"eschaufent damour, à chanter nous convie, Chantons donques, bergers, et en mille façons A ces vertes forests apprenons nos chansons.
Icy de cent couleurs s'esmaillc la prairie, Icy la tendre vigne aux ormeaux se marie, Icy l'ombrage frais va les feuilles mouvant Errantes ça et là sous l'haleine du vent'' : Icy de pré en pré les soigneuses aveltes Vont baisant et sucçant les odeurs des fleurettes : Icy le gazouillis enroué des ruisseaux S'accorde doucement aux plaintes des oiseaux; Icy entre les pins les Zéphyrcs s'entendent.
Nos flûtes cependant trop paresseuses pendent A nos cols endormis, et semble que ce temps Soit à nous un hyver, aux autres un printemps.