‹ La poésie de la RenaissanceChapitre 85 sur 215 · La mer · texte numérisé non relu

La mer

'( Ceux que tu vois la tête ombragée 7. Un jour. du chêne civique. »

Quand le printemps poussoit l'herbe nouvelle, Qui de couleurs se faisoit aussi belle Qu'est la coulevir d'un gaillard papegay ' Bleu, pers, gris, jaune, incarnat et vert-gay, Dès le matin, avant que les avettes Eussent succé la douceur des fleurettes Qui embasmoient les jardins d'environ, Vous amassiez dedans vostre giron.

Comme une fleur entre les fleurs assise-, La couleur jaune, incarnate et la grise, Tantost la rousse et la blanche, et aussi Le rouge œillet, le jaunissant soulci, La ijasquerette aux petites pensées :

L'une sur l'autre en un rond amassées.

Un beau bouquet faisiez de vosli"e main, Que Aous cachiez une heure en A^ostre sein : Puis me baisant, au sortir de la porte Me le donniez d'une si douce sorte.

Que tout le jour j'en scntoy revenir La fleur à l'œil, au cœur le souvenir'.

(Élégies.)

A Remy Belleau.

Je veux, mon cher Belleau, que tu n'ignores point D'où, ne qui est celuy que les Muses ont joint D'un nœud si ferme à toy, à fin que des années A nos neveux futui's les courses retournées Ne cèlent que Belleau et Ronsard n'ostoient qu'un, Et que tous deux avoient un mesme cœur commun.

Or, quant à mon ancestre, il a tiré sa race D"où le glacé Danube est voisin de la Thrace^. Plus bas que la Hongrie, en une froide part-'. Est un seigneur nommé le marquis de Ronsart,

Page 1