‹ La poésie de la RenaissanceChapitre 87 sur 215 · Du roi Henri II. Loys et de Jeanne de Cliaudrier nasquit · texte numérisé non relu

Du roi Henri II. Loys et de Jeanne de Cliaudrier nasquit

3. Le ti'aité de Madrid, en 1526, sti- Pierre de Ronsard, au chasteau de la pulait que les fils de François I"^ se- Poissonnière, au village de Cousture, raient donnés comme otages. en la varenne du bas Vendomois, situé

4. Ronsard a dû se tromper sur la sur le pied d'un Cousteau qui regarde la date exacte de sa naissance, car, d'à- région septentrionale, un samedy 11 de près un calcul facile à faire, le 11 sep- septembre 1524.... »

tembre, aux environs de 152-1, date de .5. Rtgent du collège de Xavarre, à la bataille de Pavie, n'est tombé un sa- Paris, medi qu'en 1518 et 1529. Et cependant

Je vins en Avignon, où la puissante armée Du Roy François estoit fièrement animée Contre Charles d'Avitriche; et là je fus donné Page au duc d'Orléans; aj^rès je fus mené, Suivant le Roy d'Escosse, en l'Escossoise terre. Où trente mois je fus, et six en Angleterre'.

A mon retour ce duc pour page me reprint ; Et guère à l'escurie en repos ne me tint Qu'il ne me renvoyast en Flandres et Zelande, Et encore en Escosse où la lempeste grande Avecques Lassigni- cuida faire toucher.

Poussée aux bords Anglois, ma nef contre un rocher..

D'Escosse retourné, je fus mis hors de page. Et à peine seize ans avoient borné mon âge, Que l'an cinq cent quarante avec Baïf -^ je vins En la haute Allemaigne, où la langue j'apprins. Mais las! à mon retour une aspre maladie. Par ne sçay quel destin, me vint boucher l'ouïe. Et dure m'accabla d'assommement si lourd. Qu'encores aujourd'huy j'en reste demi-sourd. L'an d'après, en avril, Amour me fit surprendre. Suivant la cour à Blois, des beaux yeux de Cassandre''. Soit le nom faux ou vray, jamais le temps vainqueur N'ostera ce beau nom du marbre de mon cœur. Incontinent après disciple je vins estre, A Paris, de Daurat qui cinq ans fut mon maistre En grec et en latin; cliez luy premièrement Nostre ferme amitié print son commencement. Laquelle dans mon ame à tout jamais et celle

De nostre amy Baïf sera perpétuelle "^

(Élégies.)

1. C'est en 1536 que Konsanl fit le 4. Cassandre inspira les premières voyage d'Ecosse, à la suite de Jacques V, poésies de Ronsard. C'était une jeune qui venait d'épouser Madeleine, fille de fille de Blois, que le poète vit pour la François I". première fois, le 21 avril 1541, dans

2. Lassign y, seigneur français d'une une promenade aux environs de la ville, famille de l'Artois. 11 n'a pas révélé son nom.

3. Lazare de Baïf, père du poète An- 5. Cette élégie a surtout un intérêt toine de Ba'if, et ambassadeur en Aile- biographique : c'est à ce titre que nous magne. l'avons citée.

PIERKE DE KONSAKD. 155

Hymne de Bacchus.

Tu montas sur un char que deux lynces farouches Trainoient. d'un col félon, niaschantes' en leurs bouches Un frein d'or écumeux; leur regard cstoit feu. Pareil aux yeux de ceux qui de nuict ont trop beu ; Un manteau tyrien- s'écouloit sur tes hanches. Un chapelet'' de lis meslcz de roses franches Et de fueilles de vigne et de lierre espars. Voltigeant, ombrageoit ton chef de toutes parts. Devant ton char pompeux marchoient l'Ire et la Crainte, Les peu sobres Propos et la Colère teinte D'un vermillon flambant^ le Yice et la Vertu, Le Somme et le Discord d'un corselet vestu.

Son asne talonnoit le bon vieillard Silène^ Portant le van mystiq'' sus une lance pleine De pampre, et publioit d'une tremblante voix De son jeune enfançon les festes et les loix.

A son cri sauteloient le troupeau des Menades, Des Pans et des Sylvains, des Lenes, des Thyades", Et menans un grand bruit de cors et de labours, Faisoient trembler d'cffroy les villes et les bourgs Par où le char passoit. Leurs tresses secouées A l'abandon du vent erroient enlre-noviées De longs serpens privés, et leur main brandissoit Un dard qu'un sep de vigne à l'entour tapissoit.

Que tu prenois, Bacchus, en ton cœur de liesse De voir sauter de nuict une hurlante presse. Qui couverte de peaux sous les antres balloient ^, Quand les trois ans passez tes festes appelloient? Et quel plaisir de voir les vierges Lydiennes, Ou celles de Phrygie ou les Méoniennes,

1. Mu.fchantes. Il arrivait souvent au 6. Le van mystique servait dans les XVI'' siècle, et nitme encore au xvii", fêtes d'Eleusis : il symbolisait la puriqn'on ne distinguait pas le participe fication, parce qu'on se sert du van présent et l'adjectif verbal. pour séparer la paille du blé.

2. Teint avec la pourpre de Tyr. 7. Les ilenades, les Lenes et les

Page 1