POESIES ASCÉTIQUES
Les poésies ascétiques sont, en partie du moins, remarquables par leur haute ancienneté. Nous citerons :
I. Le manuscrit 1139 de la bibliothèque du roi contient trois pièces de ce genre en langue provençale, qui remontent tout au moins à la moitié du XI. e siècle; car Técriturc appartient à cette époqne. La plus importante c'est le mystère des vierges sages et des vierges folles, selon toute apparence le plus ancien essai dramatique des langues modernes qui nous soit parvenu. Les personnanages se servent alternativement du latin et du roman. Spécimen dans Raynouard (IL 134-143).
IL Complainte de sainte Estèçe, également F un des plus anciens monuments de l'idiome roman qui y alterne avec le latin. Cette pièce était destinée à être chantée dans les églises. Elle est imprimée dans Raynouard. (II. 146-151).
III. Poésies des Vaudois, d'après un manuscrit de Genève, et publiées tantôt en entier, tantôt en fragments par Raynouard (IL 73-133). Ecrites dans un dialecte voisin du provençal, elles offrent au linguiste , un idiome
original sans alliage étranger; à l'historien, la vraie formule des idées religieuses des Vaudois. La plus remarquable est : La nobla Leyczon, contenant une esquisse de l'histoire sainte, en vers alexandrins à longues périodes monorimes , et remontant à Tannée 1100, comme le début en fait foi (1). Citons encore : La bar en, lo novel sermon, même mètre- Lo noçel confort et Vavangeli de li quatre semenez, en strophes de quatre alexandrins monorimes, une des formes les plus en usage dans la poésie ascétique. — Lo Payre eternal, en strophes de trois vers monorimes. — Enfin, Lo despreczi del mont, en vers alexandrins rimés de deux en deux. La structure du vers trahit un vain effort vers le double hémistiche, c'est-à-dire l'alexandrin. Les rimes sont souvent défectueuses ou simples assonnances.
IV. Parmi les autres productions ascétiques nous trouvons encore un remaniement de l'écrit de St. Auguain, De passione Christi, comprenant environ 900 vers, 1 auteur est inconnu. L'évangile de Nicoderne, l'évangile de ? enfance. Spécimen R. L. R. T. I. 577-580.
La prose, en tant qu'elle ne roule pas sur un sujet poétique, se trouve en dehors de notre examen. Nous nous bornons à citer pour mémoire des chartes, des actes de toute espèce, les écrits ascétiques des Vaudois, des traductions du nouveau testament, du livre deSirach, de la règle de St. Benoît, un catéchisme, un traité des
(1) Ben ho mil o cent anci compli emierament Que fo scripta l'oro car sen al derier temp.
Selon Gieseler : Ktrchcn Gachkhtc. ( vol. II. pari. II. p. 5i5. 2.« édit. ) on ne compte ici que de la rédaction de l'Apocalypse et non de la mort du Christ ; c'est nous ramener à la lin du M. S.
verlus d'après Bedc, une histoire de la guerre des Albigeois, de courtes biographies des troubadours, un écrit de jurisprudence, deux grammaires (éditées par M. Guessard), une histoire naturelle mythique. Aucun de ces ouvrages n'est postérieur au XIII. 0 siècle.
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