‹ La poésie devant la BibleChapitre 60 sur 120 · UNE AUTRE PARTIE DU CHOEUR · texte numérisé non relu

UNE AUTRE PARTIE DU CHOEUR

« Et lui, quoique privé de la vue, quoique nié-

prisé, quoique avili, illuminé de la vue de l'âme, il a relevé sa fière vertu ; les cendres ont vomi la flamme, et comme un dragon du soir il a surpris les faibles volatiles, et comme un aigle il s'est abattu sur leur tête et il a produit l'effet du tonnerre qui sort du nuage. Sa vertu était comptée pour rien ; elle semblait déprimée, anéantie; mais, comme l'oiseau qui, dans les bois d'Arabie, tire son existence de luimême, comme le phénix qui, lorsqu'on l'a offert en holocauste, renaît de ses cendres, ranime sa force et sa vie, plus vigoureux lorsqu'on le croit moins capable d'agir, Samson meurt, mais sa renommée vivra autant et plus encore que l'oiseau miraculeux (1). » Ce sont là des beautés qui distingueront toujours la tragédie de Samson des tragédies de collège.

Page 1