‹ La poésie devant la BibleChapitre 97 sur 120 · LA PENSÉE · texte numérisé non relu

LA PENSÉE

« Nulla redemptio.

BALTHASAR

a Quoi ! vous m'abandonnez tous dans mon danger ! Qui pourra me délivrer de cette horreur, de cette prédiction ?

LA MORT

« Rien. Tu ne serais pas en sûreté au centre de la terre.

BALTHASAR

a Ah ! quel embrassement !

(11 tire son épée et attaque la Mort; ils se prennent corps à corps) LA MORT.

a Meurs, ingrat.

BALTHASAR

« Ah ! je me meurs? N'est-ce donc pas assez du poison que j'ai bu !

LA MORT

« Non, le poison était'la mort de l'âme ; le coup que je te porte est la mort du corps.

BALTnASAR.

« Dans les angoisses de la mort, triste, défait, confus et mourant du corps et de l'âme, je vous annonce à vous qui m' écoutez, le sens rigoureux de Mané, Thécel, Phares, c'est le suprême jugement de Dieu. Celui-ci qui profane les vases divins, le subira dans toute sa sévérité. Celui qui communie en état de péché profane le vase du Temple.

l'idolâtrie.

« J'étais endormie; j'ouvre les yeux et me réveille

comme d'un songe. Je vois que Dieu n'a pas excepté l'Idolâtrie de cette nappe garnie d'animaux de toute espèce que le Christ ordonne à Pierre de tuer et de manger. Mais qui nous donnera la céleste clarté nécessaire pour comprendre la loi de grâce, la loi qui sera désormais écrite.

LA MORT

(Elle est habillée en galant, avec une épée, une dague et un manteau couvert de têtes de mort).

« Vous pouvez la voir dans la toison de Gédéon, dans la manne du désert, dans le miel que contenait la gueule du lion, dans l'Agneau pascal, dans les pains sacrés de proposition.

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