‹ La poésie lyrique russeChapitre 21 sur 71 · SOIR D'AUTOMNE · texte numérisé non relu

SOIR D'AUTOMNE

Dans la sérénité des soirs d'automne, il est

Un charme attendrissant et rempli de mystère.

L'éclat farouche et la bigarrure des arbres,

Le bruissement faible et las des feuilles pourpres,

Le ciel d'azur tranquille et voilé de brouillard

Au-dessus de la terre abandonnée et triste.

Et, faisant pressentir l'orage qui s'apprête

Par moments un vent froid, en soudaines rafales,

Partout la lassitude et le déclin, sur tout

Le sourire serein de ce qui se flétrit,

Ce que nous appelons, chez l'être r^^isonnable,

La sublime pudeur de la souffrance humaine.

Vois comme sur le vaste fleuve, Au fil de l'eau qui se ranime,

Les glaçons se suivent, ■voguant Vers la mer qui embrasse tout...

Qu'au soleil, irisés, ils brillent, Ou tard, parmi la nuit obscure, Tous voguent vers un terme unique Fondant inéluctablement.

Tous ensemble, petits et grands, Perdant leur forme primitive, Confondus comme l'élément, S'uniront au fatal abîme.

O, séducteur de la pensée, O, moi humain, n'est-ce pas là L'image de ton propre sens, L'image de ta destinée ?

Parmi les éclairs, le tonnerre, Parmi la houle qui bouillonne , Le choc ardent des élé nents, Céleste, elle descend des cieux, Vient à nous, les fils de la terre, Le regard plein de clair azur.

Et répand sur la mer rebelle Son chrême qui réconcilie. ..

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