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N.-A. NEiCRASOV
Je t'appartiens. Et que m'importe que me» pas
Soient poursuivis par un mtirmure de reproches,
C'est pour ma patrie, non pour les cieu3c étrangers
Que je chantais, et je contemple maintenant
Avec avidité mon rêve le plus cher.
J'adresse mon salut ému à toute chose. . .
Je reconnais l'aspect farouche des rivières
Toujours prêtes à guerroyer avec l'orage,
Et le bruissement égal des bois de pins,
Le calme des hameaux, Timmeasité des champs...
Sur le mont apparaît une église de Dieu :
Un sentiment de foi d'une candeur d'enfant.
Effleure tout à coup mon âme de son souffle.
Je ne connais plus ni négation, ni doute.
Une voix qui n'est pas de la terre murmure :
Saisis cette minute d'attendrissement,
Et tête découverte, entre dans cette église.
Si tiède que puisse être la mer étrangère.
Et si beaux que soient les horizons étrangers,
Ils sont impuissants à consoler notre peine,
Impuissants à chasser notre tristesse russe !
Le temple des soupirs, le temple des tristesses.
C'est le temple indigent de la terre natale :
Jamais le Colisée ni Saint-Pierre de Rome
N'ont entendu gémir plus douloureusement.
C'est ici que ton bien-aimé peuple apportait
Le fardeau sacré de son invincible angoisse
Et partait, soulagé. Entre! Le Christ alors
T'imposera les mains et sa volonté sainte
Délivrera des fers ton âme, des tourments
Ton cœur, et des plaies ta conscience malade...
J'écoutai, attendri comme un enfant ; longtemps
Je sanglotai, frappant du front les vieilles dalles,
Afin que me pardonne, afin que me protège
Et que me bénisse du signe de la croix Le Dieu des opprimés, le Dieu des affligés, Le Dieu de toutes les générations humaines Çui viennent s'incliner devant cet humble autel.