‹ La poétique française: le présent et l'avenirChapitre 23 sur 53 · Voir aussi la pièce intitulée : Annie · texte numérisé non relu

Voir aussi la pièce intitulée : Annie

Charlemagne, empereur à la barbe fleurie.

(Hugo.) M'enveloppant alors de la colonne noire J'ai marché devant tous, triste et seul dans ma gloire.

(Vigny, Moïse,)

b) Sombres: ô, u,u\

Elles servent à peindre : un bruit sourd, comme les mots sourd, ronrons, bourdon, grondement, ronfler, rauque.

J'entendais en passant les coups sourds du marteau. ...Où l'enfant peut cueillir la fleur, strophe vivante, Sans qu'une grosse voix tout à coup l'épouvante.

(Hugo.)

Quels sont ces bruits sourds !

Ecoutez vers Vonde

Cette voix profonde

Qui pleure toujours

Et qui toujours gronde.

(Hugo, Les voix intérieures.)

Elles indiquent :

I) La lourdeur par opposition à la légèreté marquée par les syllabes claires (voyelles claires).

Combien ce fruit est gros et sa tige menue.

II) L'idée grave, le ton sentencieux par contraste

avec l'idée gaie ou gracieuse exprimée par la voyelle

claire :

Selon que vous serez puissant ou misérable Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

(La Fontaine.)

III) L'idée triste et, dans ce cas, on emploie plus de voyelles sombres que de voyelles éclatantes et Ton voilera même les unes et les autres par la nasa-

D'ailleurs l'ii bre se peint par des mois

dans le genr<

Des riras eiïrètiés (voyelles éditantes)

.-ombre pi*- le* sombres),

(Bal

§ 3. — l'oyrllrs natales.

Ces voyelles quelque sorte par la nasa-

apparliennent chacune à la même citasse que la qu'elles <>nl pour subslralum.

Il suit de là qu'elles peuvent être claires, écla les, sombres el jouer le même rôle que les voyelles orales du même ordre qu'elles. Seulement leur son est moins net à cause de la sourdine qu'y met la naest ce qui explique pourquoi lorsque 1rs nasales éclatantes sont mêlées â des

1rs prennent dans ce voisinage deur de 6ombn&, Au sujet voyelles il ira-

porte donc beaucoup de savoir quelle est la voj non nasale de sont la voyelle m

Quand tes nasales sont plus nombreuses qui craies, le voilement du s<»n provenant de la nnsalité

i ta quantité dominante et, d passe au second plan. Dan l'ensemble expri-

mera— même si ce que M. Qram m ont appelle le rai alias: la voyelle non n.

!>re, — I ra la

Ain

Balançant mollement leurs tailles nonchalantes.

(Musset.) Qui semblent s'endormir dans un rêve sans fin.

(Baudelaire.) Dans l'ombre transparente indolemment il rôde.

(Hugo.)

Toutes ces observations sur les voyelles marquent qu'il faut s'appuyer sur la nature des voyelles pour montrer à quelle catégorie d'idées elles peuvent s'appliquer comme moyen d'expression.

L'avantage de cette méthode est de ne jamais prêter à un son telle valeur parce qu'il se rencontre plusieurs fois dans un vers qui exprime telle idée.

Son inconyénientestdenepas permettre d'étudier à la fois les idées dont l'expression demande l'emploi de différentes catégories de lettres, car tels mots contiennent parfois des voyelles aiguës, éclatantes, sombres, et demandent, en conséquence, des examens successifs.

Malgré tout, une semblable méthode l'emporte de beaucoup sur celle qui consisterait à partir d'une classification des idées pour rechercher quels sons peuvent convenir à l'expression de chacune, puisque le dénombrement des idées ne pourrait jamais être complet, et qu'on arriverait à une énumération indéfinie dont la classification serait forcément arbitraire. Au lieu que « connaissant d'avance la nature et la valeur de chaque

phonème (lettre), on peut prévoir, étant donnée une nuance quelconque d'idée, quels sont ceux qui conviendront à son expression * ».

Ainsi, pour exprimer le silence, on emploiera les sons mous, voilés, les voyelles nasales. Exemple : Silencieusement s'argente le croissant.

L'enthousiasme aboutissant à une admiration momentanée, ou une idée gaie, gracieuse, sereine, s'exprimera par une voyelle claire dans les syllabes toniques.

Une voyelle sombre ou une voyelle éclatante nasalisée, contrastant par sa lourdeur avec la légère précédente, marquera le repos admiratif :

Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !

(La Fontaine.)

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