‹ La poétique française: le présent et l'avenirChapitre 45 sur 53 · E MUET · texte numérisé non relu

E MUET

Tantôt M se prononce, tantùl il ne se prom De là des distinctions à établir :

Quand IV' est en contact avec u dans lïnlérieur d'un mot prononce pas aujourd'hui, parfois môm

rit plus, comme : joliment; prairie. Dans I français cet formait toujours une syll

On i n'eu pas tenir compte à partir

cîe • •urd'hui i s ne le comptent plus et ceux

qui le mentionnent, comme dans ce vers de Barbie?:

toujours loi vents sauvages De leurs pieds vagabonds balayeront les plages

il un archaïsme condamnable.

LV suivant une voyelle tonique : prie, prier, prient, comptait pour une voyelle dans l'ancien français. On prononce plus aujourd'hui.

Ici li lassique exige que les mots dans !es-

i intercal ne peuvent se pis

ians i ir d'un vers que si IV est Bnal

it une \ auf pour les iznpi

itionaelseoai subjonctifs: di* tient.

Mais Les poètes du siècle derni déjà

; il cette liberté aux finales des verbes, en ai >nt, tient, <>ucnt, 11 est temps que eeu disation soit admise

ion, contrairement à ce vers défectueux

Ide Muas On dit qu'elle a des gens qui se noî-ent pour elle a . Formes en ' La règle classique n'en admet aucune dans l'inté-

i. Voyez Tobler. Le Vers français, pp. 33 el srj,

= imparf.n «ont des rimes masculines, quoique

use de voie comme rimes féminines ; ce qui est

faux puisque IV ne se prononce pas.

Il y a tendance actuellement à les admettre dans le vers d'une manière analogue à la prononciation, c'est-à-dire sans compter Ve qui ne se prononce pas.

Au xv e siècle, on supprime cet e.

Au xvi c siècle Ronsard, dans son Art poétique, veut qu'on syncope les formes en ée, oue, ue par une apostrophe :

Roland avait deux épé's en la main dit-il.

Baïf, lui, introduit résolument le mot terminé par e ne se prononçant pas :

Toy qui devant la veue trop haute (8 pieds).

Marot de même :

Et la livrée du capitaine (8 pieds).

Malherbe écrit :

Lassée d'un repos de douze ans (8 pieds).

Corneille :

Mantoue, tu ne vois point soupirer ta province.

La Fontaine :

Hé bien l me plains-je à tort ? Me joues-lu pas, Amour ?

Molière :

A la queue de nos chiens, moi seul avec Drécar

(Les Fâcheux.)

Mais les mêmes poètes comptent la plupart du temps cet e pour une syllabe et ne s'affranchissent de la règle qu'avec une grande timidité.

Ah I longues nuits d'hiver, de ma vie bourrelles

(Ronsard).

Ne me reproche point qu'oisif j'aie vécu

(Ronsard).

La partie brutale alors veut prendre empire

(Molière, Le Dépit amoureux).

Au xix e siècle cependant nous trouvons quelques exemples significatifs:

Pas un qu'avec des pleurs tu n'aie* balbutié

(Musset).

Voir Hugo aussi dans les Feuilles d'Automne ; Lamartine qui écrit dans Jocelyn :

Ne m'a-t-il pas jetée sous tes pas comme on trouve...

Banville fait entrer le mot remue-ménage dans un vers ; Leconte de Lisle le mot épée :

Le crucifix, le bloc, Y épée hors de la gaine.

Brizeux emploie le mot baie :

La baie des Trépassés blanche comme la craie.

Les Symbolistes accentuèrent cette tendance. Il serait logique qu'elle s'accomplît totalement et que tous les mots de ce genre s'introduisissent librement dans le vers, à n'importe quel endroit.

L'e suivant une consonne dans l'intérieur ou à la fin d'un mot était prononcé et comptait toujours pour une syllabe dans l'ancien français.

La règle classique exige que cet e fasse toujours une syllabe. Cependant auxvi 6 siècle, Desportes écrit résolument :

Tu t'abuses toi-même, ou tu me porte envie

Ou:

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