‹ La poétique française: le présent et l'avenirChapitre 53 sur 53 · Martinon · texte numérisé non relu

Martinon

vandrin qu'il foui ai nl.hméâ forme

Bxe, ruais surtout u forme Hl>;

<>n no négligera pas pour cela le Jlabique

de Racine, Hugo, La Fontaine; un remploiera en utï-

ourees Je la lang unenl vi\

et en ne lenant plus compte, dans l plus haut, de Ye muet, de i et de l'A as]

Quant au Yers rythmé libre, i vlui dans

lequel la rime, d'ailleurs rigoureusement maintenue parce qu'elle seule marque unit, et qui 56

conformera aux règle lies prosodiques,

ies mais indispensables toujours, car elles naturelles el vers rythmé libre pourra devenir entre li*s mains

d'un ; chant en l'aire un beureux emploi (ce qui

n'a pour ainsi dir< un instrument

plus délicat que le vers cl . d'une puissance

ipérteure beaucoup

plus étendue. Un tel mètre peut exprimer les moindres nuances de la i I qu'il ne cepUbte de rendre 1 .

Si, td d'Etehtal : « toute tent;.

: lient

stérile et si l'art doit procéder par évolution el non o par révolution i -êr. li

agit in que 'lune ôvolu /lie en grande

pari

crir chapitre 1, page ls et qu'il faut entendre par vers ers libres.

Toutes les innovations du xvi° et du xvii e siècl

• n'ont été que des restrictions de liberté : exigenc » de l'alternance des rimes féminines et masculines p interdiction de Thiatus, et déjà rime pour l'œil >> L'époque moderne s'est affranchie, parfois

» peu de discernement, de certaines entraves (raidet » de la césure et interdiction de l'enjambement *> subit les autres avec une docilité qui i

• risibles les prétentions de quelques-un

» coryphées à une farouche et titanique indéper, » dance. Le plus grand malheur de notre » tion est d'avoir conservé la mesure des syllal » les conditions de leur homophonie telles que le » avait établies le \ vr siècle, d'accord avec l lie d'alors. La prononciation a ■> et les règles qui l'avaient pour base ont » lement maintenues, en sorte que nos » wwômpréhen&ibles, dans leur rythme et leur *> non seulement a l'immense majorité dé ceux qu h les entendent ou les lisent, mai » bien au fond des cii< eux mêmes yw

» L'interdiction de l'hiatus et l'exigence des r ■ masculines et féminines alternées dispensent le m poètes d'étudier par eux-mêmes les labiés de l \ion karm

r*; la lixation de la mesure des mots par unt j » prosodie surannée faîl que leurs !

» leurs vers ne souicomplets que sur le » conséquent éteint en eux le sentiment vivant du » rythme; la détermination des rimes par une orthci

» graphe dont le principe est faux et qui ne suit ■me pas fidèlement son principe» efface telle- » ment chez, eux I instinct naturel auquel répond la de Thomophonie, que, non seulement » ils ni de rimes excellentes et neuves que ta

» langue leur fournira en masse dus quVm aura le i plus absurde des prohibitions, mais qu'ils joignent » sans cesse des mots dont Tun se termine réellement » par une voyelleet l'autre par une consonne (Pathmos 7) et mot S 9 tmplU et Us), ce qui constitue une w »> ble assonance» ou même des mots qui n*ont pas la » même voyelle DU

;i ne fait ni une rime ni une (160009 » ou enfin des mois qui différent de ces deux m

umer) parce qu'il- ut de

» même ou parce qu'il dis rimé ensemble

Si en dehors des deux modes de vers: — le vers

syllabique des tragédi les de La

Fontaine, , et Je vers rythmé à

forme tixe ou libre, — aucun mode nouveau

,pour le momenl,possilde en français, le chemin

n'en esl pas moins ouvert qui conduira, aux modifi-

f>lus qu'ébauchées, à l'heure

Actuelle. <les modifications doûodrOiil au poète digne

nom, l'i rendre sa

une délicatesse nouvelles.

Ainsi le malheureux ne sera plus condamné à écrire

Faits par d au r en vains

efforts pour recommencer indéfiniment — sinon pour

aaton Puis, Préface du Vers ancien et moderne, de Tobler.

reprendre — les œuvres de ses prédécesseurs, Notre- Dame la Muse ne saurait admettre l'axiome : bu ut !

Au surplus, qu'il compose des poèmes en libres ou des pièces en alexandrins modifiés comme je viens de l'indiquer, le poète fera bien de méditer cette sage considération émise parJoacbim du l>< dans la Deffènsû et lllustr l<% Langi

eoise, et réduisant à néant l'adage ridicule: fiunî ora-

fur poet.r ;

« Ne m'allègue point que les poètes nais- ») seroit chose trop facile que d'atteindre ai nsi h rim- » mortalité. Qui veut Ttoler par les mains et les bou- » ches des hommes doit demeurer longuement en sa » chambre et qui désire vivre en la mémoi » postérité doit, comme mort en s >■ trembler mainte fois, et autant que nospoe » tisans boivent, mangent et dorment à leur a > endurer de faim, de soif et de longues vigil<

Qu'il se souvienne aussi de Pierre de Rons; Ronsard avait mieux que personne pratiqué ce judicieux avis, inscrit au programme de la Pléiade. I pourquoi il exhorta son élève Jean Bcrlaut à se d de la célébrité et à mettre sa gloire dans la ricli des vers. Bertaut resta reconnaissant au maitr» à la mort du grand poète, consacra une termine par cet éloge magnifique: Ce dit-il, ù Ronsard :

« belle et généreuse âme, » Dont le juste regret tout le cœur nous entirae,

ai voyant mon destin me vouer aux neuf Sœurs

quelque fruit de mes premières fleurs :

•* M'excitas de monter après toy sur Parnasse,

* Et m'en donnas l'exemple aussi bien que l'audace,

* Me disant que Clio m'apperceut d'un bol n Lorsque mon premier jour veit les rais du soleil : " Hu'il me fallait oser: que pour loo^uement V\ » Il falloit longuement mourir dessus le livre : » Et que j'iiurota du nom si sans estre estonnê « Je l'alloU poursuivant d'un labeur obstiné. •

« Pour longuement vivre Il falloit longuement mourir dessus le livre I En vérité si de tels conseils furent formulés par un maître du xvt e siècle, ils gardent au xx* et garderont dans tous les temps leur identique et souveraine importance. Ils ne sauraient vieillir, car ils reposent sur ^nécessité du travail, la fidélité à l'art, l'inspiration l lie et la méditation, mère des grandes <m\ [lies. Sans elles, il n'est que sottes élueubratiens, niaiseries sentimentales, esthétisme importun, piètres exercices de versification mondaine. Le p ref lactaire à ces sages avis se change en rimailleur : Pour lui Phébus est sourd et Pégase est rétif.

Enfin, m'éerirai-je encore avec du Bellay : <* Pour conclure ce proposai ne celtiytwra

Laidement le poète que je cherche en nostre langue, qui me fera h apayser,ejouyr, dou-

loir,aymer,hayr,admirer,éto > ? qui tiendra

la bride de mes affections, me tournant ça et là à son i la vraye pierre de louche, où il fault que lu épreuves tous poèmes et toutes langues. »

<7esl là, certes une haute idée du poète et qui oublier avantageusement la ridicule saillie de Malherbe rapportée par Racan: « Voyez-vous, Monsieur, » si nos vers vivent après nous, toute la gloire que » nous en pouvons espérer est qu on dira que

avons ele deux excellents arrangeurs de sylk » et que nous avons eu une grande puis> » les paroles, pour les placer si à propos chacune en » leur rang, et que nous avoue été tous deux bien » fous de passer la nieiLleure partie de notre Ajl; o uu exercice si peu utile au public et à nous, au lieu » de l'employer à nous donner du bon ten » penser à rétablissement de notre fortune

Le fondateur du vers classique ne pouvai semble, offenser pIuS gravement la poési plaindrais les poètes restant, de nos jours, insi blés à un tel affront, car, selon l'expression de ftonsard, ils n'auraient pas les Muses en révérend •> ne les tiendraient pour chères et. sa< >inme

» les tilles de Jupiter».

1, " Malherbe se mit à la poésie comme un artisan « métier dans lequel il espère réussir... singulier maître, quand i & y réfléchit, pour la poésie française, que eet homme prosaïque. » un des plus positifs que l'histoire des littératures ait connus, ;■ sans amour (il battait sa maîtresse), esprit sans rêve, épris '• de la seule matière, aussi bon tabellion que poète, jugeant tes « vers d'après ce qu'ils rapportent, qui chante pour dix écus et n que dix mille livres de rente eussent peut-être faii » mais, lyrique qui raie de La langue te mot idéal, terme d'école ►» qui ne correspond à rien dont ou ail que faire en », lirunot, La Doctrine de Malherbe.

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