‹ La poétique française: le présent et l'avenirChapitre 52 sur 53 · G. Pellissier, La Vie et (es Œu^es de du Bar tas · texte numérisé non relu

G. Pellissier, La Vie et (es Œu^es de du Bar tas

sens et du rythme; ils s'écartent facilement Tan de l'autre ; ils arrivent bien ensemble au terme. Or, terme n'est ni l'hémistiche ni la fin du vers, ma simplement celui d'une période variant de longi Bt dont l'unité résulte de l'expression d'un n sentiment ou d'une même idée.

Entre la versification du xvr 3 et celle du xi il y aura, toutefois, cette grande différence : que le poètes modernes emploieront, avec une scn sommée, les coupes de la période rythmique, alors que les poètes de la Pléiade laissaient au hasard la tonne de l'alexandrin. En d'autres termes: au lieu de maîtriser el de façonner à leur gré le rythme Hugo, ils se laissaient conduire par lui: leur marchant le plus souvent à l'aventure et se ead* comme ils pouvaient.

Le vers français, od s'en souvient, fUabiqi

parce que — bien que les accents jouent toujours principal rôle dans le rythme du vers et qu> labc- le valeur inégale — le nombre de -

besest fixe, tandis que le nombre des accents \

La symétrie marquée par la césure entre les temps forts ou entre les accents et les syllabes étal dit le rythme du vers. Mais ce rythme a un nombrr d'accents rythmiques ou de mesures déterrai par des accents et un nombre de syllabes qui que*

Le vers de 12 pieds classique est compo nombre de syllabes fixes, mais d'un nombre d

sures qui ne l'est pas obligatoirement et ne prend pas, le plus souvent, la quantité de syl'

Du xvn* au commencement du xiv * siècles, l'alexandrin comprend, en général, deux hémistiches, de <hacun six syllabes, la sixième accentuée fortement.

Hugo, si respectueux des règles classiqm-s, eu égard à la quantité des syllabes et aux conventions de la rime, rompt avec elles sur ce point ; fait craquer la balance hémistiche; affaiblit la ces lui donne pas plus d'importance qu'aux accents mobi les ; et place le repos principal sans distinction un accent quelconque, tout en mainte r: Tac-

cent du milieu*

L'alexandrin moderne va en conséquence, se diviser, grâce à Hugo, non plus en deux heu mais en un nombre variable d'éléments ^ quatre en moyenne, disposés syn\

Hugo crée, à ce moment, mais sans user aller qu'au bout et sans prévoir où aboutira sa propre création, un type d'alexandrin nouveau : h ou trimitre.

Je prétends qu'il n'ose pas aller jusqu'au bout de forme, parce qu'il craint de supprimer la fôique. Il crée son vers tantôt <nts,

tantôt — et le plus souvent — à ir

clueux de la prosodie en conservant la çé ique. Pas une fois il ne se dit que le sens même du vers demande à ce que ce dernier soit tu COB si la césure n'existait pas.

Aussi la logique voulait que les succès* Hugo appliquassent entièrement la réforme con mencée, en levant la dernière entrave. Ils aflaibl rent de plus en plus la césure médiane, d'abord par l'adjonction d'un mot court : préposition, article, pronom, e muet, c'est-à-dire par le moyen d'une syllabe sans accent:

Et tout à coup | l'omb | re des feuilles remuées ;

puis ils joignirent les deux moitiés de l'élément milieu par un mot unique :

Les roulements | inex | ttnguibles des tambours.

Dès ce moment le ternaire était définitivement

constitui

Les roulements | inextiogui | blés des timbours | .

Il faut aujourd'hui l'admettre dans la vcrsifkatïc française. Son rythme est très sensible à Toreii il est composé, comme l'alexandrin à 6 + 6 « de douze » syllabes réparties entre un nombre variable d'élé- » ments rythmiques disposés avec symétrie ' ».

Intercalé parmi les alexandrins classiques, le te naire peut en rompre heureusement la monotonie Et quand le ternaire ne servirait qu'à rendre le poètes, n'osant remployer encore, mais subi quand même son influence» moins rigoureux su la césure classique, il aurait servi grandem* poésie.

Or, c'est précisément à cause de la monoi

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