ACTE DEUXIÈME
SANTENAY.
Mademoiselle, je ne suis que le commissionnaire. Une jeune dame de la ville m'a fait appeler pour me prier de vous faire remettre immédiatement ces fleurs et je n'ai pas voulu laisser à d'autres le plaisir de vous les présenter... Je crois qu'elle a dû y glisser sa carte.
LUCIE, pose le bouquet sur le guéridon d'où Adrien retire le plan de mauvaise humeur et cherche.
Ah! voici! (Elle lit la carte et pousse un cri.) Henriette
Barrai!
MADAME PERRAUD, stupéfaite.
Comment se peut-il faire?...
ADRIEN, narquois.
Mademoiselle Henriette Barrai ici? Oh! que c'est curieux!
LUCIE, à Santenay.
Vous êtes sûr que la personne même a apporté ces fleurs?
SANTENAY.
J'ai tout lieu de le croire.
ADRIEN, vivement.
Il faut la faire entrer!
LUCIE
Oui. (Hésitant.) Je ne sais pas si père...
ADRIEN
Comment, tu ne sais pas si nous pouvons recevoir mademoiselle Barrai; je vais la chercher moi! (passant le pian à santenay.) Tenoz, mon bon, débrouillezvous avec les invités.
Il sort.
SANTENAY, embarrassé.
Débrouillez- vous!...
Vous n'avez qu'à mettre la femme du procureur de la République à côté de lui.
SAXTEXAY, souriant.
Oui. oui, je crois que ça lui fera plaisir.
Il sort.
LUCIE
Qu'en dis-tu, maman ? Henriette Barrai, en voilà une surpris'!
MADAME PERRAUD
Le croirais-tu, ça m'a donné un coup; il m'a semblé que je me retrouvais à Montfresnois; il y a si longtemps que nous n'y sommes allés!
LUCIE
r exemple, j'attendais quelqu'un aujourd'hui,
ce n'était pas elle et j'étais bien à cent lieues...
ADRIEN, ouvre la porte et fait passer Henriette.
Mademoiselle...
LUCIE, allant à elle.
Henriette! (Elles s'embrassent.) Quelle joie de te revoir.
HENRIETTE
El moi donc, ma dure Lucie! (a Madame. ) Bonjour, madame, vous êtes toujours en bonne santé?