ACTE DEUXIÈME G
vous avez une réception que vous attendez des invités... Au revoir, madame...
MADAME, l'embrassant.
A bientôt, chère enfant, et mes meilleures amitiés à votre mère.
HENRIETTE
Merci, madame, (sautant au cou de Lucie.) Au revoir, ma chère Lucie... Nous nous verrons souvent?
LUCIE, assez froide.
Le plus souvent possible.
ADRIEN
Nous comptons sur vous pour nous faire visiter la ville.
HENRIETTE, riant.
Ce ne sera ni très long, ni très intéressant.
LUCIE
Tu habites peut-être loin?
HENRIETTE
Non, tout près, 25, rue Notre-Dame, (a Adrien lui
tendant la main.) Monsieur!
ADRIEN
Je vous reconduis.
Ils sortent.
LUCIE
A bientôt! (Revenant à sa mère.) Elle n'est pas embellie cette pauvre Henriette.
MADAME, étonnée.
Tu trouves? Mais, au contraire, elle s'est développée, étoffée, elle est devenue femme et jolie femme.
LUCIE
Quelle élégance !
MADAME
Elle n'est pas si mal habillée.
LUCIE
Peut-être, pour une maîtresse de piano qui court le cachet.
MADAME
Elle est, en tout cas, bien tendrement affectueuse pour nous.
LUCIE
Depuis la disgrâce du père on a besoin de se mettre bien avec l'administration.
MADAME
Lucie, tu fais sur ton amie de bien vilaines suppositions, c'est très mal.
LUCIE
Oh ! oh ! des suppositions I
ADRIEN, rentrant vivement.
Il vient de me venir une idée. Puisqu'il nous manque trois personnes, si on les remplaçait par nos bons amis Barrai? Ils habitent dans le voisinage, en un tour de main ils seraient habillés et pourraient être là à l'heure.
MADAME
Mais oui, c'est une idée !
LUCIE
Seulement, elle est mauvaise!
ADRIEN
Pourquoi cela ?
Je regrette que tu ne t'en rendes pas compte. Quoi