‹ La poigne; piece en cinq actesChapitre 7 sur 104 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

MADAME PERRAUD

Tu le sais bien.

PERRAUD

Oui, il veut être artiste, je l'avais prévu; à dix-huit ans, tous veulent être artistes 1 Où diable a-t il bien pu pêcher ces idées -là?

MADAME PERRAUD

Qu'importe, puisqu'il les a. Voyons, tu ne peux pas nier qu'Adrien ne soit un bon et loyal garçon.

PERRAUD, riant.

Il tient de toi!

MADAME PERRAUD

Qu'il soit intelligent.

PERRAUD, riant.

Il tient de moi !

MADAME PERRAUD

Qu'il soit instruit.

PERRAUD

Je te l'accorde.

MADAME PERRAUD

Aie donc confiance en lui, laissedui choisir à son gré ce qu'il veut faire. D'autant plus que ce n'est point pour contrecarrer ta volonté qu'il désire être artiste, mais par goût; et que, si tu l'exigeais, il y renoncerait, étant le plus affectueux des fils.

Affection que nous lui îendons — du moins sa mère — avec un empressement excessif!

MADAME PERRAUD, s'approchant.

N'es-tu pas toi, d'une condescendance aveugle, sourde et muette pour les caprices de ta fille?

PERRAUD, riant.

Moi? je l'ai appelée coureuse, tout à l'heure !

MADAME PERHAUD.

Parce qu'elle n'était pas là, niais tu te garderais bien de lui interdire de sortir. Et si je le lui défendais, ce que tu m'en dirais !... (mi frappant sur L'épaule.) Va, ne nous reprochons ni l'un ni l'autre de trop aimer nos enfants et d'être faibles avec eux. Ne vautil pas mieux que ce soit l'affection plutôt que l'autorité qui règle entre nous?

PERRATÎD, approuvant.

Sans doute !... Je préférerais qu'Adrien fît son droit : maintenant,, s'il se sent une vocation particulière pour une carrière honorable, il est bien certain que je n'y mettrai pas d'opposition.

MADAME PERRAUD, l'embrassant.

A la bonne heure! voilà qui est parler en bon papa qui aime vraiment son fils. Voyons, avons-nuus jamais eu vis-à-vis l'un de l'autre, d'autre ligne de conduite que de nous aimer, et nous en sommesnous mal trouvés?

PERRAUD

Non Certes! (il prend la tète de sa femme entre ses

mains et l'embrasse.) Ma bonne et chère femme.

BARRAL, arrivé depuis un instant par 1 avenue s'est arrêté:

Est-ce que je voue dérange ?

PERRAUD, sans se déranger.

Pas le moins du monde, nous ne rougissons pas de nous embrasser encore.

B'ARRAL, avance en saluant.

Je vous félicite, vous êtes d'heureux mortels, (ils

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