ACTE QUATRIÈME
FRANÇOIS
Une seule personne qui m'a dit vouloir entretenir M. le préfet d'une affaire toute personnelle.
PERRAUD
Son nom ?
FRANÇOIS
Je ne dois le dire qu'à M. le préfet.
PERRAUD, agacé.
Allez donc, nies enfants et moi nous ne faisons qu'un,
FRANÇOIS
C'est... M. Barrai.
PERRAUD, vivement.
Barrai?... Vous avez Lien dit Barrai?... Vous êtes sûr ?
FRANÇOIS, riant.
Ce serait malheureux si je ne reconnaissais pas M. Barrai, depuis le temps que je le connais !
PERRAUD, à Santenay.
Que peut-il me vouloir? (se ravisant.) Ah! Je vois ce dont il s'agit. Non, non, dites à M. Barrai que je ne peux pas le recevoir.
Lucie parle bas à Santenay et sort.
SANTENAY.
Vous avez peut-être tort. Pour que M. Barrai soit venu de Rennes, il faut qu'il se passe quelque chose d'exceptionnellement grave...
PERRAUD
Qu'importe! Si la chose est grave, elle ne peut l'être que pour une personne qui n'existe plus pour moi et dont j'ai défendu qu'on me parlât!
SANTENAY.
Renseignez-vous au moins sur le but de sa visite.
Allez le lui demander, si vous y tenez!
SANTENAY,
Il me dira qu'il veut vous voir et ne le confier qu'à vous, puisqu'il refusait déjà de se nommer... A quoi cela vous engage-t-il de le recevoir?
PERRAUD, cherchant un faux-fuyant.
Je n'ai pas le temps.
SANTENAY.
Puisque, grâce aux troupes et à l'arrestation de Rouveyre, l'ordre est rétabli ; et puisque le calme règne dans les rues, rien ne vous presse.
PERRAUD
J'ai à écrire au ministre.
SAXTENAY.
Puisque Valin lui a télégraphié et que je vais téléphoner, il est au courant.
PERRAUD, embarrassé.
Vous savez qu'il y a dix ans que nous ne nous sommes parlé avec Barrai; et qu'outre les divergences politiques... il en est d'autres entre nous?
SANTENAY.
Je connais tout cela.
PERRAUD
Et à ma place, vous le recevriez 1
Je voudrais savoir quelles raisons poussent un homme avec lequel je suis brouillé depuis dix ans, à venir de si loin pour me voir.
PERRAUI», réfléchissant.
Oui. ([1 a encore une hésitation.) Après tout, Barrai