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PERSONNEL

No 903

Paras, le 16 septembre 1870.

Nous, Préfet de Police,

Attendu que le S' Petit (St-Martin-Jacques), inspecteur de la Police municipale, attaché à la 5» brigade des Recherches, nous est signalé comme s'étant rendu coupable d'un acte d'indiscipline des plus graves, en excitant ses collègues du même service à refuser d'obéir aux ordres de leur chef immédiat,

Arrêtons,

Art. i*'

Le S' Petit (St-Martin-Jacques), susqnaliâé, est révoqué à partir de ce jour.

Le Préfet de Police, Signé ; Cte DE KÉRATRY.

Pour extrait conforme ; Le Secrétaire général,

Antonin Ditbost.

M. Petit.

Petit était prédestiné ; il devait servir de trait d'union entre :

MM. de Kératry et Dubost, d'une part;

Et MM. Yves Guyot et Mayer, de Tautre.

Dans tous ses écrits concernant la Préfecture de Police, la mauvaise foi de M. Yves Guyot est évidente.

Il parle fréquemment ^'affaires étouffées. De bien gros mots pour de bien petites choses, qui ne grandissent que par la publicité qu'on leur donne, publicité plus immorale que les prétendus étouffements dont parle M. Yves Guyot.

Il y a des plaies sociales et des vices humains que Ton ne devrait jamais mettre à nu.

Il y a des hontes sur lesquelles on devrait toujours jeter un voile, car délayées au grand jour, elles rejaillissent souvent sur des innocents.

Qu'a-t-on gagné à la publicité de Taffaire concernant le député R... et à la divulgation de celle du comte de G...?

Est-ce aussibien moral, par haine de la Police, de faire figurer en toutes lettres, dans un journal ou un livre, — dans un livre surtout, — le nom de certaines femmes arrêtées, soi-disant à tort, par la Police?

Le public s'émeut en faveur de ces prétendues victimes ; mais, la première impression passée, il se ditqu'«il n'y a pas de fumée sans feu ».

Lorsque cette publicité malsaine tombe sur une personne vraiment honnête, le mal est encore plus grand.

Sait- on quel avenir est réservé à ces femmes dont le nom est jeté en pâture à la curiosité et à la malignité publiques ?

En admettant l'exactitude de l'erreur commise, quel fiancé voudrait recevoir, en guise de cadeau de noce, un exemplaire de journal ou le livre de M. Yves Guyot,

:M2 la police parisienne

uu spécialiste, dans lequel Tayenture de sa future est relatée tout au long?

Toujours en haine de la Police, M. Yves Guyot, dans un de ses livres, a traîné sur la claie une malheureuse estropiée, honnôtc mère de famille, qu'il a fait passer pour une prostituée, en voulant en faire une victime des agents des Mœurs.

Voici le rapport qu'à ce sujet j'ai adressé à M. Camescasse, le 3 janvier 1883 :

« Récemment, divers journaux ont raconté, avec des détails plus ou moins fantaisistes, la disparition d'une ostropiée vulgairement appelée la Femme aux jambes de hois, qui, depuis près de trente ans, stationnait sur le boulevard des Capucines, où elle vendait des anneaux de clés, ce qui n'était qu'un prétexte pour éveiller en sa faveur la commisération publique.

» Emu du bruit fait autour de cette disparition, j'ai procédé à une enquôte minutieuse, et voici ce que j'ai appris :

» La veuve L..., âgée de 59 ans, avait cessé de paraître sur le boulevard dos Capucines pour cause de maladie.

» Cette absence momentanée a appelé sur elle l'attention des reporters, lesquels, remontant à la cause supposée de son infirmité, lui ont attribué une origine ignominieuse on disant que la susnommée était uno ancienne fille soumise qui, pour échapper un jour à des agents des Mœurs, avait sauté par uno fenêtre et tétait broyé les jambes sur In pavé (sic).

» Connaissant la fausseté absolue de cette nouvelle, j'ai cherché à en trouver l'origine, et j'ai appris que les journaux avaient puise leurs renseignements à une source quasi-officielle, à celle qui se prétend la plus autorisée et la mieux informée sur tout ce qui concerne la question

de la Police des Mœurs, c'est-à-dire à M. Yves Guyot, conseiller municipal.

» En effet, si Ton ouvre son livre sur la ProUitution on trouve à la page 220, le paragraphe suivant :

« Tout le monde a vu sur la boulevard des Capucines une malheureuse femme qui marche à l'aide de deux jambes de bois. — Cest une ancienne fille en carte, — Elle avait trouvé un amant avec qui elle vivait et qui l'avait retirée de son métier. Les agents des Mœurs ne lâchent pas ainsi leur proie. Un jour elle les vit entrer chez elle. Dans sa terreur elle se jeta par la fenêtre et se broya les jambes sur le pavé, »

« (C'est textuellement l'expression employée par les journaux.)

» Le récit qui précède est une calomnie absolue. Non-seulement la veuve L..., dite la Femme aux jambes de bois, n'a jamais été inscrite sur les contrôles de la prostitution ; non- seulement elle n'a jamais reçu la visite d'agents des Mœurs , mais jamais elle n'a eu de jambes. C'est chez elle une infirmité de naissance.

» Cette malheureuse est une honnête mère de famille. Mariée il y a trente ans à un sieur L..., ouvrier boulanger, elle a eu dix-huit enfants, dont trois vivent encore, habitent Paris, y exercent un métier honorable et jouissent d'une excellente réputation.

» Cette veuve, incapable de tout autre travail, a toujours gagné sa vie en implorant la pitié publique. Les habitués du boulevard la connaissaient depuis longtemps et lui venaient en aide.

» Mais depuis qu'elle a été calomniée dans la seule

chose qu'elle possédait — son honneur — tout le monde

la regarde avec mépris et aucune main ne s'ouvre plus

pour elle. Elle a pu jadis, avec des dons charitables, élever

une nombreuse famille ; elle ne peut plus aujourd'hui

suffire à sa propre existence. »

37i LA POLICE PARISIENNE

Je reproduis ce rapport avec rautorisation de la veuve... Puissent ces lignes détruire la honteuse légende que lui a valu Te livre de M. Yves Guyot!

La mauvaise impression d'un fait diffamatoire ou calomnieux relaté dans un journal peut s'efiPacer avec le temps, car le journal est une feuille volante et passagère ; mais le temps n'efface pas ce qui est imprimé dans un volume : le livre reste toujours, surtout ceux qui, comme la Prostitution, de M. Yves Guyot, font sensation autant par leur titre que par le nom de l'auteur.

M. Yves Guyot pourra alléguer qu'il a écrit de bonne foi, qu'on lui a raconté ou qu'il a lu dans un journal le fait relaté par lui : il n'en aura pas moins commis une mauvaise action.

Quand on se pose en philanthrope, que l'on se fait Tapôtre de la prostitution libre, que l'on se dit te défenseur du droit des femmes, on n'outrage pas, on ne calomnie point de la sorte une éclopée; on ne fait pas imprimer dans un livre un récit qui touche à l'honorabilité d'autrui, sans s'assurer au moins de la véracité de ce que l'on avance.

En admettant que M. Yves Guyot ait lu dans un journal ce qu'il raconte, ce qui n'est nullement établi jusqu'à présent, que dirait-il si, lui appliquant sa propre théorie, on reproduisait dans un livre certains articles de journaux parus sur lui et les siens, notamment dans YEtoile française des 4 et 27 janvier i881 ?. . .

Un des principaux arguments de M. Guyot contre la

Police est le suivant :

J'attaque, on ne me répond pas; donc le fait est exact. Retournons contre lui ses propres armes, on peut donc

lui dire :

« VEtoik française vous a attaqué : vous avez eu con » naissance de ses articles ; vous ne les avez pas démentis : » donc vous aviez de sérieuses raisons de vous taire. >>

On prétend, mais je n'en croiis rien, que M. Yves Guyot, qui s'est taillé un piédestal dans le marbre de la prostitution, a eu Toccasion d'étudier cette question de très-près, et que de là vient sa grande haine contre la Police en général et le Service des Mœurs en particulier.

M. Yves Guyot doit cependant de la reconnaissance aux agents de cette Administration : sans leur énergique intervention, les frères et amis auraient bien pu l'anéantir dans une réunion publique, à la salle Rivoli, le 11 mars 1883; ils se sont livrés à un assommage en règle sur sa personne. Je me suis laissé dire que, depuis cette époque, M. Yves Guyot avait en sainte horreur les réunions publiques.

Les citoyens Ch. Godard et Quinque,qui, à cette occasion, l'avaient passablement malmené, furent déférés à la justice et condamnés à la prison.

Je dus concourir pour ma part à la répression des assommeurs de M. Yves Guyot.

Quinque, condamné à six mois de prison, annonçait dans les journaux qu'il mettait la police au défi de l'arrêter, et il indiquait son domicile boulevard Arago, d'où il était toujours absent.

Le 24 juillet 1883 je le faisais cueillir sur la voie publique, dans un groupe au milieu duquel il pérorait ; il voulut ameuter les passants contre mes agents, mais ce fut peine perdue.

En sa qualité de journaliste, M. Yves Guyot ne se montre pas très-bienveillant pour les reporters, qu'il appelle des policie7*s bâtards toujours prêts à faire des bassesses, afin d'être en bons termes avec les fonctionnaires

pouvant leur fournir des renseignements. Et, à ce sujef,il

cite mon mon.

Je me suis trouvé souvent en rapport avec des reporters de tous les journaux , y compris celui cher à M. Yves Guyot, et j*ai rencontré dans la presque totalité une rectitude de conduite ne laissant rien à désirer. Je les ai vus souvent à Tœuvre dans les affaires criminelles, et j'ai pu constater avec quel tact ils savaient raconter une .affaire sans entraver les investigations de la justice.

Si, dans les rangs du personnel honorable de la presse, il se glisse quelquefois des récidivistes, des malfaiteurs de la plume, M. Yves Guyot pourra, sans chercher beaucoup, les trouver parmi ses anciens collaborateurs.

Je n'ai pas trouvé dans les publications de M* Yves Guyot quelque chose de neuf au point de vue des réformes indispensables et salutaires.

L'aspirant réorganisateur de la Police de Paris n'a émis que des idées déjà énoncées avant lui, que des statistiques et des renseignements puisés dans les comptesrendus administratifs.

Avec le système policier qu'il avait organisé à la Préfecture de Police, il ne lui était pas difficile d'obtenir communication des documents dont il avait besoin. D'après ses écrits, il est évident pour moi qu'il a eu sous les yeux les originaux ou des copies de mes rapports sur les souteneurs, les brasseries, le Service des Mœurs et les projets de sa future réorganisation.

Tous ces documents portent heureusement leurs dates.

M.Yves Guyot n'a fait l'éloge, à la Préfecture de Police, que d'un seul homme, M. Bertillon, et d'un seul système, celui de M. Bertillon.

Ce dernier est l'inventeur de Vanthropomé&ie ^ — un mot à grand effet, — dont le but est d'arriver à reconnaî-

tre, par les mesures des diverses parties du corps d'un homme, ridenti té des récidivistes qui cachent leur nom et leurs antécédents.

Dans une brochure qu'il a publiée à ce sujet, M. Bertillon parle des objections que d'autres pourraient faire, et il les rétorque naturellement à sa façon.

M. Bertillon est sérieusement convaincu de Tinfaillibilité de son système, mais sa conviction et celle de M. Yves Guyot ne sont pas la mienne.

Au début des opérations de M. Bertillon, j'avais fait quelques objections sur son système ; voici la lettre que je lui adi'essais le 19 novembre 1881 :

« J'ai lu attentivement les documents que vous m'avez communiqués relativement à votre système.

» Les inconvénients que vous signalez au sujet des individus qui cachent leur idendité existent réellement, et un remède à l'état actuel des choses serait très-utile.

» Votre système obvierait peut-êt7*e à ces inconvénients si les mensu7'ations de\Siieni toujours être prises par des employés extrêmement consciencieux et fort intelligents, qui apporteraient dans cette mission tout le soin désirable.

» Mais vous connaissez assez l'esprit de routine et le travail machinal de beaucoup d'employés pour admettre que ce métrage méticuleux sera accompli avec la précision voulue. Je ne parle pas des femmes, qui ne peuvent être mesurées,

» Enfin, je crois votre système trop conipliqué pour pouvoir être pratiqué avec succès.

» Veuillez agréer, etc.. »

Depuis cette époque, M. Bertillon a été autorisé à faire des expériences au Dépôt, et» par ordre supérieur, j'ai dû mettre deux agents à sa disposition.

Son système est jugé maintenant, et je n'hésite pas à

dire qu'il est loin d'avoir l'infaillibilité que lui attribue son auteur.

Les inconvénients sont nombreux.

Il laisse d'abord beaucoup à désirer au point de vue de la propreté et de l'hygiène ; ce sont les mêmes instruments qui, sans être suffisamment nettoyés, passent de la tête d'un détenu à celle d'un autre.

L'opération du mesurage rappelle la toilette que l'exécuteur des hautes-œuvres fait subir aux condamnés à mort avant l'exécution. Les détenus à mesurer sont amenés devant M. Bertillon et ses aides, les pieds nus, le paletot enlevé, le col de chemise déboutonné et les manches retroussées. Ils sont ensuite, un par un, placés contre un mur, les bras en croix, aussi allongés que possible. On leur mesure les pieds, les mains, les doigts, la tête en tous sens, on leur ouvre les paupières et l'on discute sur la couleur de leurs yeux, sur laquelle on n'est pas toujours d'accord.

Enfin, pendant un quart d'heure, le détenu subit sinon une véritable torture, du moins une foule d'attouchements vexatoires au plus haut degré.

Et ces mensurations ont lieu sans discernement et sans distinction précise des catégories d'individus qui y sont soumis.

Le 18 janvier 1884, j'adressais au Préfet de Police le rapport suivant :

« Dans son numéro d'hier, sous la rubrique: Les abm du jour, le journal la Bataille récrimine contre la mensuration des pieds et des mains que Ton a fait subir au Dépôt au cocher B..., gréviste de la Compagnie des Petites Voitures, arrêté lel"du courant pour entrave à la liberté du travail.

» Je suis personnellement étranger à la mensuration des détenus, à laquelle est préposé M. Bertillon , assisté

de deux agents de la Sûreté mis à sa dipositian par ordre de M. Caubet.

» Je ne sais de quel procédé use M. Bertillon pour distinguer ceux des détenus qui doivent être exemptés do cette opération.

» Aussi, pour éviter toute méprise regrettable , j'ai donné Tordre aux agents détachés près de lui de ne procéder aux mensurations qu'en sa présence et sur les individus désignés par lui. »

M. Bertillon a fait mettre au cachot des prévenus refusant de se soumettre à la mensuration.

M. Yves Guyot, qui a fait Téloge de ce système, n'a pas lu, sans doute, dans les brochures de son ami le passage où il est dit que, pour Tapplication de Vanthropométrie^ « il faudra au besoin employer la camisole de force ».

Ce n'était pas la peine de la supprimer depuis longtemps aux assassins condamnés à la peine de mort pour rimposer à un cocher gréviste et à des individus qui ne sont que des inculpés.

M. Yves Guyot a poussé des cris d'indignation contre le ligotage; mais il encourage le système Bertillon, dont l'application nécessite parfois des mesures bien autrement graves.

J'ai fini avec le journaliste.

Je passe maintenant au conmierçant-financier, M. Mayer (Benjamin-Eugène), originaire de Cologne (Prusse), dont le journal la Lanterne attaque constamment les principes fondamentaux de la société et détruit dans l'esprit des citoyens le respect de l'autorité.

Sa caisse est ouverte à toutes les délations. Il organise une contre-police avec le concours d'agents révoqués. Il

fait ^ferles fonctionnaires; au besoin, il invente et fabrique les attaques nocturnes.

On se souvient dans quelles circonstances a eu lieu, le 19 février 1879, l'arrestation, au cours de Vincennes, d*un reporter à la solde de M. Mayer.

On n'a pas oublié non plus Taffaire de l'actrice B..., dans laquelle ont figuré un individu en blouse, un monsieur en paletot et un soi-disant gardien de la paix qui sont restés introuvables pour tout le monde.

On sait, au journal que dirige M. Mayer, comment des agents frappés de révocation parviennent à garder leur carte de réquisition sous prétexte qu'ils l'ont perdue, et comment on se sert ensuite de ces cartes pour commettre des escroqueries, soit à Paris, soit en province, quand elles ne sont pas vendues à des agences interlopes.

On sait également qu'après un an de service un gardien de la paix quittant l'Administration reste propriétaire de son costume.

M. Mayer s'érige en défenseur zélé de la liberté individuelle, il fulmine contre les prétendues arrestations arbitraires, parce que cela flatte les masses et fait vendre sa feuille publique; mais il ne se gêne pas pour faire arrêter et conduire au poste des gens qu'il voit stationner dans la rue .

Le 8 avril 1881, M. Dodiau, commissaire de police du quartier des Halles, était avisé que la nuit suivante des malfaiteurs se proposaient de dévaliser les magasins de nouveautés du Masque-de-Fer, rue Goquillière. Il demanda deux agents de la Sûreté et les plaça en surveillance dans cette rue.

M. Mayer, apercevant ces agents, crut qu'ils étaient là pour le surveiller, et, assisté de deux personnes, il a requis un gardien de la paix pour conduire au poste de la Halle aux Blés les agents en question.

De quel droit M. Mayer se permettait-il d'entraver un service public et d^intérêt général ?

Il se croit surveillé.

Pourquoi le serait-il ?

Tout le monde connaît sa vie, son histoire, ses relations: en politique, comme en finance : il est jugé.

Il n*y a pas bien longtemps, divers journaux lui ont posé l'indiscrète question suivante :

« M. Mayer, à l'occasion du mariage de M"® Blanc avec le fils du prince Pierre Bonaparte, a-t-il.reçu de M"® Blanc, directrice des jeux de Monaco, une somme de 12.000 fr. ? »

Sa réponse n'est pas faite.

Appliquons-lui la théorie de son journal: — J'attaque. On ne répond pas. Donc, le fait peut être exact.

Que de bruit! que d'encre répandue dans le journal de M. Mayer à propos du fameux ligotage et du passage à tabac !

Au moment du siège et de la Commune, des gardes nationaux se mettaient à huit pour arrêter et ficeler un sergent-de-ville, lequel peut s'estimer heureux de n'avoir pas subi le sort de Vincencini à la Bastille.

11 n'y a pas un mois, un député-journaliste, M. Emmanuel Arène, a vu comment un de ses amis a été ligoté dans les bureaux d'un journal.

Que M. Mayer laisse donc la Police accomplir sa pénible et périlleuse mission de sauvegarde publique... et qu'il cesse de faire de son journal une boîte à lettres anonymes.

Une me reste plus qu'à parler de l'avocat collaborateur de MM. Yves Guyot et Mayer.

M. Delattre est un friand de popularité.

On dit que, comme avocat, il est fort ennuyeux an Palais, et, comme député, compromettant pour son parti dans Tenceinte du Corps législatif. Je n'en sais rien, ayant eu la bonne fortune de ne jamais l'entendre.

La soif d'une popularité malsaine fait commettre quelquefois des maladresses à certains hommes. M. Delattre est de ce nombre.

De n'importe quelle façon il tient à faire parler de lui.

Au Palais, comme à la Chambre, il s*est fait le défenseur en titre du journal la Lanterne et l'accusateur en pied de la Préfecture de Police et de son personnel.

J'ai eu à souffrir de ses imputations calomnieuses, et voici, à ce sujet, le mémoire rectificatif que j'ai adressé à M. Brisson, président de la Chambre des députés.

ChampigDy (Seine), le 13 avrU 1884.

A Monsieur Brisson, Prisident de la Chambre des députés.

Mousienr le Président,

J'ai riioiineur de vous transmettre ci-après copie d'un Mémoire relatif à ime imputation calomnieuse portée contre moi à la tribune de la Chambre, durant la séance du 21 janvier dernier, par M. Eugène Delattre, député de la Seine.

Comme bien d'autres fonctionnaires, j'ai souvent été l'objet d'attaques aussi injustes que violentes ; connaissant l'origine et le but de ces attaques, je ne m'en suis point préoccupé.

Mais, prononcées à la tribune de la Chambre des députés, les imputations calomnieuses de M. Delattre sont un fait bien autrement grave, et il m'importe de ne pas les laisser s'accréditer vis-à-vis de l'opinion publique.

Mes supérieurs hiérarchiques, M. Waldeck-Rousseau, Ministre de l'intérieur, et M. Camescasse, Préfet de Police, n'ayant pas cru devoir réfuter (ils le pouvaient) les paroles de M. Delattre, je dois le faire moi-même, car ce serait leur donner un caractère de vérité, qu'elles n'ont pas, en les laissant passer sous silence.

En cette circonstance, M. le dép\ité Eugène Delattre n'a pas craint d'attaquer mon honorabilité personnelle et ma probité professionnelle; mais s'il lui a convenu de se servir de moi pour entretenir sa popularité, il ne me plaît pas de lui servir de tremplin.

Comme fonctionnaire public, je ne pouvais que me plaindre à mes chefs. Je VaX fait, et ils n'ont pas cru devoir me donner satisfaction.

Mais, aujourd'hui, admis à la retraite, je rentre en possession de la pleine et entière liberté de mes actes. Aussi, Monsieur le Président, je viens vous soumettre le loyal et véridique exposé des faits qui cnt occasionné les attaques dont j'ai été l'objet.

J'ai l'honneur de vous prier d'agréer, Monsieur le Président, l'expresàion de mon profond respect.

Mémoire relatif à des imputations calomnieuses portées à la tribune de la Chambre des Députés, par M. le Députe Delattre, contre M. Macé,

A l'occasion de la discussion en première lecture, à la Chambre des Députés, du projet de rattachement du budget de la Préfecture de Police au Ministère de l'intérieur (séance du lundi 21 janvier 1884), M.- Eugène Delattre, député de la Seine, me prenant à partie, a prononcé des paroles calomnieuses de nature à porter atteinte à ma considération personnelle et à ma probité professionnelle.

Voici, à ce sujet, le compte-rendu publié par le Journal officiel:

« M. Delattre. — Le 10 janvier J884, à Paris, en

police correctionnelle, sous la présidence de M. Ragobert, il s'est passé un fait qui, en vérité, n'appartient pas au monde civilisé.

» Le voici; il est bien simple:

» On poursuivaît une femme arrêtée le 4 janvier, à quatre heures et demie du soir: deux agents de M. le Préfet de Police, maintenant de M. le Ministre de l'intérieur, déclarent qu'ils l'ont arrêtée parce qu'elle les avait provoqués par des regards indécents.

» A l'audience, le Procureur de la République donnait lecture d'un rapport signé non par un simple agent ou par un brigadier, mais bien par M. Macé, directeur de la Sûreté (j'étais simplement commissaire de police. Chef du Service de Sûreté).

» Le rapport affirmait que le propriétaire de la maison habitée par cette femme avait déclaré qu'elle n'était pas mariée ; qu'elle vivait de prostitution ; que son amant ne se livrait à aucun travail ; qu'à toute heure de la nuit

38i LA POLICE PARISIENNE

ils recevaient des personnes suspectes qui paraissaient également se livrer à la prostitution .

» Voilà ce que disait le rapport. — Ecoutez maintenant:

» Le propriétaire de la maîson est cité comme témoin. Il déclare que les propos qui lui sont prêtés dans le certificat de M. Macé sont complètement faux ; qu'il n'a jamais vu M. Macé ; qu'il n'a que de bons renseignements î\ fournir sur ses deux locataires ; qu'ils sont bien réellement mariés ; que ce sont deux braves ouvriers ; que les patrons qui les emploient depuis huit mois attestent qu'ils sont très-satisfaits de leurs services.

» Cela se passait le 10 janvier 1884. — Eh bien, Messieurs, je vous le demande, le directeur de la Sûreté, M . Macé, a voulu évidemment couvrir ses deux agents. Qu'est-ce qu'il a couvert en réalité? — Deux faussaires; il a abrité deux actes faux qui frappent deux honnêtes iiens...»

Après avoir exagéré et les expressions de mon rapport et celles du propriétaire-témoin, M. Eugène Delattre a donc affirmé à MM . les Députés et à la France entière que j'avais « couvert deux faussaires^ abrité deux mensonges, deux actes faux », ce qui équivaut à dire que mon rapport était faux.

Or, la seule chose fausse dans cette affaire, c'est la partie du discours de M. Delattre en ce qui me concerne, ainsi que je puis en fournir la preuve.

Yoici les faits dans toute leur simplicité :

Dans les premiers jours de décembre 1883, à la suite (le plaintes réitérées des habitants du boulevard de la Contrescarpe, qui réclamaient le concours de l'Administration pour faire cesser le scandale occasionné sur ledit boulevard, en plein jour, par des prostituées y racolant ouvertement les passants, j'ai dû, en vertu d'ordres supérieurs, prescrire une surveillance à cet endroit.

Deux agents du service de Sûreté ont été chargés de cette mission.

Le 4 décembre, de trois heures et demie à quatre heures dix du soir, ces agents ont tenu en observation une jeune femme qui, au Hou de marcher dans une direction déterminée, faisait le tour d^un îlot, en suivant les rues do Bercy, l'avenue Ledru-Hollin, la place Mazas, le boulevard de la Contrescarpe, et ceci en racolant par signes

et gestes provocateurs, non les agents, comme Ta dit M. Delattre, mais les divers piétons près desquels elle passait.

Après avoir constaté de nombreux racolages, les deux agents se sontapprochés de cette femme, ont décliné leur qualité et l'ont invitée à les accompagner au poste de police voisin.

Elle s'y est refusée, et, comme les agents insistaient, elle a porté à l'un d'eux un coup de la pointe de son parapluie et Ta atteint à la figure, lui faisant une légère blessure.

Malgré sa résistance, les agents l'ont conduite au poste du boulevard Diderot.

Là, devant les gardiens de la paix, elle leur a offert 50 fr. pour arranger l'affaire, disait-elle, attendu qu'étant mariée, elle ne voulait pas que son mari connût son arrestation.

En principe, quand une femme mariée est arrêtée pour provocation à la débauche — les cas de cette nature sont très-fréquents — et que son état de femme mariée est établi par des renseignements recueillis immédiatement, elle est laissée libre, à moins qu'elle n'ait déjà été arrêtée pour faits de débauche.

Généralement, les femmes mariées qui se prostituent ne racolent les hommes que loin de leur domicile, pour que leurs voisins n'en sachent rien.

Presque toujours le mari d'une prostituée est au courant de l'inconduite de sa femme, qu'il tolère et encourage parfois, parce qu'il en profite; mais, exceptionnellement, il se trouve des épouses infidèles qui, pour subvenir à certaines dépenses de toilette, ou autres, se prostituent à l'insu de leur conjoint. C'est en vue d'éviter le scandale et les dissensions dans les ménages se trouvant dans ces dernières conditions que j'avais donné les ordres les plus formels pour que toute femme arrêtée pour prostitution, etse disant mariée, fût relaxée dès que l'enquête sommaire aurait démontré qu'elle disait vrai.

En • raison de la rébellion qu'elle avait faite aux agents, la femme dont il s'agit (imitant, en cela seulement, M. Delattre, je ne la désignerai que sous l'initiale X...) fut conduite devant le commissaire de police du quartier, qui dressa procès-verbal et l'envoya au Dépôt.

» Le lendemain, à la première heure, comme cela se pratique ordinairement en pareille circonstance, un agent étranger à Tarrestation fut chargé de recueillir des renseignements au domicile de cette femme, habitant le quartier de Belleville, c'est-à-dire à. plus de quatre kilomètres de Tendroit où elle avait été arrêtée.

Cet agent, ne connaissant pas la femme en question, n'avait aucune raison de lui être hostile.

11 s'adressa confidentiellement au propriétaire-concierge de la maison qu'elle habitait, lequel lui donna sur sa moralité de fort mauvais renseignements, ajoutant qu'elle ne devait pas être mariée, et, qu'ainsi que l'individu vivant avec elle et se disant son mari, elle avait de très-mauvaises fréquentations; qu'enfin ils recevaient chez eux des gens aux allures suspectes.

Sur le rapport fourni par cet agent, un autrç rapport administratif fut rédigé dans les bureaux du Service de Sûreté, signé par moi et adressé à M. le Préfet de Police, non comme un document- d'instruction, mais à simple titre de renseignement, pour édifier l'Administration sur la valeur morale de la femme X...

D'autre part, celle-ci, interrogée d'abord par mon collègue du quartier où elle avait été arrêtée, ensuite pai:, le commissaire-interrogateur chef du 2® bureau, puis par moi-même, sur les causes de sa présence au boulevard de la Contrescarpe à l'heure où elle avait été remarquée par les agents, prétendit qu'elle se rendait à Tinsu de son mari, qu'elle avait quitté à une heure de l'aprèsmidi, chez une dame Honoré, son amie, demeurant dans un garni dont elle ignorait l'adresse exacte, [mais qui était situé près du Jardin des Plantes.

Cependant, invitée à s'y rendre, elle ne put le faire, ce qui démontre clairement que son assertion était fausse.

Comme toutes les femmes arrêtées une première fois pour faits de débauche, elle fut mise en liberté ; mais la procédure relative à l'acte de rébellion et voies de fait envers les agents suivit son cours régulier, et, le 10 janvier, la personne en question comparaissait devant la 11° chambre correctionnelle.

Ici, je dois encore citer M. Delaltrc, qui, parlant de la femme X... devant le Tribunal, dit ceci :

« Cette femme était donc accusée non pas de p7vstitution, mais uniquement d'avoir frappé les agents, de rébellion et de tentative de corruption de fonctionnaires ».

Dans cette partie de son discours, M. Delattre paraît avoir oublié le lieu oii il parlait.

Il est permis à un avocat, plaidant devant un Tribunal en faveur d'un client véreux, d'user de certains artifices oratoires ; mais il ne devrait pas tomber du baut de la tribune de la Chambre des Députés un seul mot qui ne fût l'expression de la vérité.

Or, plus que tout autre au courant des affaires de police, qui lui ont valu sa notoriété et peut-être même son siège à la Chambre, M. Eugène Delattre ne peut ignorer que la prostitution, n'étant qualifiée délit par aucune loi, n'est réprimée qu'administrativement et seulement quand elle se manifeste publiquement par la provocation à la débauche.

Il ^ donc cherché à induire ses collègues en erreur en insinuant que l'Administration n'avait pas osé poursuivre la femme X... pour prostitution, sachant fort bien qu'elle n'était point poursuivable pour ce fait.

Au cours de l'audience de la 11° chambre correctionnelle a été lu le rapport de renseignements que j'avais adressés à M. le Préfet de Police sur cette' affaire.

La défense avait assigné comme témoin à décharge le propriétaire-concierge mentionné dans ce rapport.

Contrairement à ce que celui-ci avait dit à l'agent, la femme en questfion était réellement mariée.

Le propriétaire, qui. en raison de sa conduite légère, l'avait prise pour une fille, crut prudent, pour s'éviter des ennuis de la part de locataires peu commodes, de démentir à l'audience les renseignements qu'il n'avait fournis à l'agent qu'à titre confidentiel, car il est impossible de mettre en doute la bonne foi de ce dernier, d'abord parce que je le sais incapable <ie fausser un rapport, et ensuite parce que j'ai les preuves de l'inconduite de la femme X...

On a produit, en outre, un certificat d'honorabilité délivré par un sieur Z. . . , voisin des époux. . . ; un deuxième

certificat d'un patron de la femme; un troisième, du patron du mari...

Mais pourquoi ce luxe de certificats et de témoignages?

Pourquoi le mari outragé, le véritable, Tunique témoin valable, n'est-il pas venu protester hautement devant le Tribunal de Thonorabilité de sa femme ? C'était son droit et son devoir.

Il était cependant présent dans la salle d'audience. Sa déposition aurait certainement eu plus de poids que celle de tout autre.

C'est qu'il avait des raisons de ne pas se montrer. — C'est que cet honnête citoyen tant vanté par M. Delattre est un Belge condamné en France pour vols. — C'est que ce mari modèle savait bien qu'il ne pouvait répondre de sa femme.

Dans sa plaidoirie, le défenseur de la femme X... a eu la loyauté de reconnaître que, bien qu'étant le signataire du rapport d'informations, j'avais été évidemment trompé par ceux que j'avais chargé de recueillir ces renseignements.

Cette loyauté de l'avocat, le député, parlant à la tribune de la Chambre, ne l'a pas eue.

C'était le moment de présenter comme un danger public les prétendues arrestations arbitraires de la police. M. Delattre a ramassé un fait banal dans une chronique judiciaire et s'en est fait une arme pour frapper sur la police et sur ses fonctionnaires.

J'ai dit, écrit et signé que la femme X... se livrait à la prostitution ; je le maintiens et suis prêt à en faire la preuve, si cela est nécessaire, ainsi que de la condamnation connue du mari.

A la suite du discours calomnieux de M. Delattre, je me suis livré, personnellement, à une enquête approfondie.

Le mardi J2 février, à onze heures du matin, assisté d'un sous-brigadier du service, je me suis rendu au domicile des époux X... Ils n'étaient pas chez eux; mais je les ai trouvés dans un caba et du voisinage, en compagnie du sieur Z..., l'auteur du certificat d'honorabilit*» délivré à la femme X...

J'ai vu aussi le propriétaire-concierge ayant figuré au procès comme témoin.

Après sa déclaration devant le Tribunal, il ne pouvait revenir sur sa déposition. Il m'a, cependant, fait un aveu d'une naïveté remarquable. Un jour, et depuis le procès, la femme X... aurait voulu lui emprunter la modique somme de un franc, et il la lui aurait refusée.

Pour un propriétaire qui donne d'excellentes références sur ses locataires, il faut convenir que sa confiance en eux n'est pas à la hauteur de son estime.

Je ne m'étendrai pas longuement sur les renseignements recueillis. Mon enquête, qui défie toute contre-enquêtSy se résume à ceci :

Les époux X... sont deux étrangers.

Le mari, né à Gand (Belgique), a été, ainsi que je Tai dit plus haut, condamné en France pour vols. J'ignore ce qu'il a fait dans son pays et les raisons qni l'en ont éloigné.

La femme X... est née en Prusse ; elle ne travaille que de temps à autre, malgré les certificats que lui ont délivré des personnes complaisantes.

Lors de son arrestation au boulevard de la Contrescarpe, elle s'adonnait réellement à la prostitution, et je puis citer le nom d'un Belge, qu'elle connaissait à peine, avec lequel elle a eu des relations intimes, pour de l'argent, dans un garni tenu parla mère de son mari.

Non-seulement elle s'est prostituée avec cet individu, mais elle a eu l'impudeur de s'en vanter, dans le garni môme de sa belle-mère, à une femme G..., autre locataire de ce garni, à qui elle a montré 20 fr., en lui disant que c'était le produit de ses relations avec le Belge en question.

Je dois ajouter que, peu après, celui-ci l'a accusée publiquement, et avec persistance, de lui avoir soush trait de l'argent. Il la considérait tellement comme un^ prostituée qu'il est allé un soir, au domicile conjugal, lui réclamer avec menaces « ce quelle lui avait voléa .

Le propriétaire-concierge, qui à l'audience a fait l'éloge de la femme X..., a été obligé d'intervenir pour faire sortir le Belge de sa maison.

Et, de tout cela, je tiens les noms et les preuves à la disposition de qui de droit.

Voilà ce ménage modèle; voilà ces honnêtes citoyens dont M. le député Delattre s'est fait le champion à la tri-

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bune de la Chambre, en calomniant an fonctionnaire qui, pendant trente ans, a servi son pays avec honneur et dévouement.

Champigny, le 13 avril 1884.

Je dois dire que l'avocat de la femme X est Tauteur

d*une brochure parue en 1872, dédiée au Conseil municipal et ayant pour titre : La. Préfecture de PoUce; — son tnutth'lé, — sa suppresown, — comment la remplacer.

Tout s'enchaîne.

Terminons avec M. Delattre.

Le 2 décembre 1870, étant préfet à Laval, il expédiait deux télégrammes successifs ainsi conçus :

{^'Télégramme, — «Midi. — Garde nationale, troupe, écoles, lycée assemblés sur la place publique. — Foule considérable de citoyens. — Préfet à cheval. — Lit dépêche. »

2® Télégramme. -— « Midi 40. — Avons oublié un mot dans notre dépêche : Préfet à cheval, tête nue et tout le monde découvert. »

Ne bougeons plus / eLUVSiii dit un photographe. M. Delattre était-il en costume de Préfet ?

On attend un troisième télégramme.

L'expérience acquise dans ma carrière m'a démontré qu'il faut se défier des gens payant d'audace, car trèssouvent ils cachent ce qu'en termes de police on nomme un cadavre.

MM. Yves Guyot et Mayer ont sans doute oublié ce proverbe : Ne pas pailler de corde dans la maison d'un pendu.

M. Yves Guyot aurait dû s'étendre un peu moins sur la prison de Saint-Lazare, les maladies vénériennes et les

agents des Mœurs chargés de nettoyer la rue dans un but d'hygiène publique.

Quant à M. Mayer..., ce n'est pas la faute du Service de Sûreté si ses agents ont été obligés d'intervenir plusieurs fois pour mettrç en état d'arrestation des personnes particulièrement connues de luî, et dont Tune d'elles, pour éviter la réclusion, a préféré-se pendre dans une cellule de la maison d'arrêt de Mazas.

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