Voy, Yves Guyot. Rapport sur le budget de 1881, p
daines. J'avais cilé des noms de fonctiojinaires coupables d'abus, simplement comme exemples à l'appui de la thëas C|ue je soutenais, M. Andrieux travestit les faits, justifia les abus, béatifia ses agents, et oublia la thèse. J'avais de mandé des économies sur certains points, pour réaliser l'établissement d'un réseau télégraphique et téléphonique, établir des postes-vigies, des avertisseurs, un service d'omnibus pour le transport rapide des agents des brigades centrales. M. Andrieux refusa dédaigneusement d'étudier toutes ces indications. Par contre, il fit l'apologie de 1& police des mœurs. Notre rapport était très modéré. Nous nous bornions à discuter l'interprétation que la Préfecture de police donnait à l'arrêté du 20 juin 1871 ; nous proposions, comme sanction, de réserver certains crédits de peu d'importa-ico. Nous noua bornâmes à voter un ordre du jour de M. Lafont qui fut adopté par 45 voix contre 5, « invitant à nouveau le préfet da police à épurer un personnel, tant au point de vue politique qu'au point de vue administratif ».
Sur la question de la police des mœurs, le conseil launicipai adopta une proposition de M. de Lsneesan'.
Nous avions déposé un programme de police ; nous en avions demandé l'étude. M. Andrieux répondit en combattant, aux élections dejanvier 1881, les conseiilers municipaux qui l'avaient étudié et voté, par les procédés que nous avons montrés'.
Le 19 mars 1881 , M. Mesureur, se plaignant du grand nombre de maisons de tolérance et de femmes en carte qui remplissent le quartier Bonne-Nouvelle, obtenait de M. Camboa cette réponse, qui eut été ironique, si elle n'eût été naïve : t. La Préfecture de police fait ce qui est en son pouvoir pour interdire la prostitution clandestine. »
M. Dépasse, nouveau venu, faisait une interpellation sur
la sécurité dans Paris. Parler de la sécurité à un préfet de police, prouvait bien que M. Dépasse débutait au Conseil municipal. A.ussitôt, M. Andrieux prenait une telle attitude que M. Hérédia lui disait : — « Vous recherchez les conflits. » Il finissait par se retrancher derrière l'article 16 de la loi de 1855, relatif aux sessions extraordinaires, article tombé en désuétude depuis plusieurs années à regard du Conseil municipal de Paris, auquel il est inapplicable. Le Conseil municipal adoptait par 52 voix contre 2 un ordre du jour de M. Yves Guyot, « maintenant pour le Conseil le droit d'interpellation, suivi d'ordre du jour. » Le préfet de police déclara par lettre qu'il ne viendrait pas à la séance où aurait lieu une interpellation *. Le 22 mars, le Conseil adoptait par 40 voix contre 10 un ordre du jour de M. Lafont ainsi conçu :
Le Conseil municipal; considérant qa'il avait inscrit à son ordre da jour une interpellation sur la sécurité de Paris; que cette interpellation rentre incontestablement dans les attributions du Conseil ; que le préfet de police refuse d'y répondre; que ce refus constitue un manquement à ses devoirs et une atteinte aux attributions du Conseil; que l'administration de M. Andrieux ne saurait présenter des garanties suffisantes à la sécurité de Paris. »
Selon la coutume antique et solennelle, un décret du 26 mars annula cette délibération, « considérant qu'aux termes de l'article 11 de l'arrêté du .12 messidor an VIII, le préfet de police exerce ses fonctions sous l'autorité immédiate des ministres ; qu'en conséquence, le préfet de police pouvait ne pas répondre ; qu'en outre, le Conseil, en qualifiant l'attitude et en blâmant les actes d'un fonctionnaire qui n'est pas responsable devant lui, a excédé ses pouvoirs et que sa délibération tombe sous le coup de l'article 14 de la loi du 14 avril 1871. »
Ce décret provoqua un certain étonnement. L'ordre du jour Yves Guyot, présenté le 19 mars, n'avait pas été annulé.