Yoy. Yves Guyot. Kapport sur le budget de 1881, p
LE CONSEIL MUNICIPAL ET LA PRÉfECTtlIlE DE POLICE. 369
traitemenl'. Dana la discussion du budget de 1879, Conseil municipal avait obtenu que tous les Irimeatres, t lui donnât un état de la réparlilion. Au mois de mai M. Andrieux lui demanda un crédit de 63,403 fr. et don' l'élat nominalif de la rdpartition, demandé par le n.onseil municipal. L'affaire Hartmann yenaît d'avoirlieu. M. Y gelhard avait rédigé un mémoire pour Harlmann. Dans cette arrestation, M. Macé avait commis plusieurs de ces actes extralégaux dont la police a l'habitude. M. Engelhard les releva. M, Macé y répondit par «ne lettre, animée même esprit que celle de M. Lombard, dans laquelle il cherchait àêtre insolent. Il la iit tirer à part et distribuer ouvertement dans les bureaux de la Préfecture de police. Le Conseil municipal, voulant rappeler M. Macé au respect de la loi et dos convenances, supprima sa gratification de 600 fr. à l'unanimité. Au cours de la séance', M. Cambon laissa échapper l'aveu que les gratifications étaient déjà distribuées, « le préfet de police ayant à sa disposition des sommes dont le conseil n'a pas à connaître l'emploi. » On ne pouvait pas dire plus nettement que les votes du Conseil municipalimportaient peUjCtquolevidefait par le refus du crédit était déjà comblé par les fonds secrets. Le Conseil rejeta alors la totalité du crédit. Le 16 mars, M. Andrieux vint dire qu'il avait avancé les gratifications sur n ses fonds personnels». D'après l'opinion généralement répandue, il avait raison, la distinction entre les fonds secrets elles fonds personnels étant bion difficile à établir. Le préfet, devenu banquier de la Préfucture, ne voulait pas perdre son avance. Il ri'introduisit la demande de crédit, sans daigner mentionner le vote duConsei! qui l'avait rejetée. Il le considéjait comme nul et non avenu. Sigismond Lacroix posa cette question : -' Si la demande du préfet, au lieu d'avoir été rejetée, avait été admise, le Conseil ne consentirait pas certainement à ce qu'un de ses membres vint demander la suppression du crédit. » M, Andrieux répondit : « Je crois
vice-président da Conseil municipal qui avaient révélé ses infâmes manœuvres.
Lors de la révolution de 1848, on découvrit à Milan les notes secrètes du gouvernement autrichien sur ses agents. Parmi eux se trouvait un nommé Bolza, représenté comme un homme âpre, perfide, tout, sauf respectable, vénal, fanatique napoléonien jusqu'en 1815, depuis partisan de TAntriche avec une égale ardeur, et demain « turc, si Soliman arrivait, » capable de tout, pour de l'argent , contre ami ou ennemi. Mais « il comprend son affaire, continue la note, et est très bon pour sa fonction ».
Un ouvrage publié à Lugano contient son testament : « Je défends absolument à mes héritiers, dit-il, de placer aucune marque d'aucun genre sur l'endroit où je serai enterré, ni aucune inscription ou épitaphe. Je recommande à ma chère femme que, lorsque mes enfants seront en âge de solliciter un emploi du gouvernement, ils le demandent partout ailleurs que dans la police; et, à moins de circonstances extraordinaires, de ne jamais donner son consentement an mariage d'une de mes filles avec un des agents de ce se^ vice^ »
Bolza avait de la pudeur et le sentiment de sa dégradation. Ces deux qualités manquaient à M. Lombard.
Les hauts fonctionnaires de la Préfecture de police avaient pris l'habitude d'augmenter leurs traitements avec des gra- I tifîcations et des primes fixes, prises sur le crédit de 542,000 fr. En vertu de la théorie de M. Andrieux, le Conseil municipal ne devrait pas plus avoir le droit de s'occuper delà répartition du crédit qu'il n'a le droit de s'occuper de la répartition des services des brigades. Cependant, pour le budget de 1881, il se mit d'accord avec la commission: ces gratifications ont été réduites, réparties d'une autre manière *, et ont constitué franchement une augmentation
1. Cité par GKidstone. State prosecution of the Neapolitan govern» ment (éd. Tauihnilz), p. 221.